+ de pouvoir d’achat par + de salaire!

Hausse des allocations !

Depuis le début de l’année, une vague de grèves pour plus de pouvoir d’achat et pour une diminution de la charge de travail a commencé à s’étendre dans le pays. Partie des sous-traitant de Ford dans le Limbourg, elle a touché plusieurs dizaines de sociétés, pour le moment essentiellement en Flandre. Pour le patronat et les politiciens de droite, il s’agit là d’une « hystérie du pouvoir d’achat » et de grèves « injustifiables ». Vraiment ?

Luc Janssens

Les réactions patronales sont d’une hypocrisie crasse. En 2007, les 30.000 plus grandes sociétés belges ont fait ensemble un bénéfice record de 77 milliards d’euros. Mais les profits historiques et les salaires «himalayesques» des managers de haut vol n’ont évidemment en rien amélioré la condition des travailleurs, des chômeurs et des pensionnés. Ils ont surtout été utilisés pour spéculer sur les marchés financiers et remplir encore un peu plus les poches des riches.

Pendant ce temps, le gouvernement cherche à épargner pour boucler son budget. Mais il ne regarde pas vers le grand fraudeur fiscal ou vers les profits record des gros actionnaires. C’est aux chômeurs de trinquer et aux travailleurs à se serrer la ceinture. Pourtant, la possibilité offerte aux patrons de déduire les «intérêts notionnel» (voir page 2) va coûter au budget au moins 2,5 milliards d’euros. Mais, là, on ne parle pas de pratique « injustifiable ». Et après ça, on devait encore avaler qu’on manque de moyens pour des mesures en matière de pouvoir d’achat !

Les actions de ces dernières semaines ont donné des résultats positifs. Les travailleurs des sous-traitants de Ford ont tous obtenu des augmentations salariales en plus d’un bonus salarial. Par la suite, des bonus salariaux ont été obtenus dans la plupart des autres entreprises où des grèves ont eu lieu. La lutte paie !

La revendication « 1 euro supplémentaire par heure » née dans les premières grèves a ensuite été éclipsée par la conquête de bonus salariaux, qui sont des primes uniques de 500 jusqu’à 1.200 euros par an. Ces primes sont certainement les bienvenues, mais une augmentation structurelle des salaires est nécessaire. Un bonus de 750 euros, c’est bien joli, mais cette prime peut complètement disparaître l’an prochain et le pouvoir d’achat repartira ensuite en marche arrière.

Seule la lutte pourra arracher cette augmentation. Le secrétaire général de la Fédération des Entreprises Belges, Pieter Timmermans, a appelé les syndicats à garder le contrôle de la situation dans une déclaration au quotidien « Le Soir ». Il a été entendu rapidement dans certains sommets syndicaux. Luc Cortebeeck, le président de la CSC, a ainsi plaidé au Comité National de la CSC pour que tout soit mis en œuvre afin d’éviter que le trouble social ne s’aggrave alors que Claude Rolin, le secrétaire général de la CSC, a déclaré en réaction à l’interview de Timmermans qu’il s’agissait de « quasi-provocation envers les travailleurs ».

Au lieu de freiner le mouvement pour répon-dre aux demandes du gouvernement et du patronat, les directions syndicales feraient bien mieux d’écouter le signal envoyé par les milliers de travailleurs qui ont mené des actions ces dernières semaines. Ils devraient consulter les militants dans toutes les régions et les secteurs et organiser des réunions interprofessionnelles pour décider d’un plan d’action pour restaurer le pouvoir d’achat par des augmentations de salaire, le rétablissement complet de l’index, la liaison des allocations au bien-être, la suppression de la TVA sur les produits de base, la suppression de tous les cadeaux fiscaux faits aux patrons ces dernières années, le contrôle de la collectivité sur le secteur d’énergie,…

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