Une liste Dedecker en Wallonie ?

Le retour du PS au gouvernement fait grincer des dents à la droite dure. Les nouvelles «affaires» en vue ne sont donc pas pour déplaire, par exemple, au populiste de droite Jean-Marie Dedecker. Fort de son succès en Flandre, il vient de décider de lancer son parti au sud du pays, puisque, selon lui, aucun parti ne se rapproche actuellement de ses idées socio-économiques, comme la réduction des taxes pour les entreprises de 34 à 19%, la limitation des allocations de chômage dans le temps,…

Nicolas Croes

Mais comment se faire remarquer au maximum et s’assurer un certain soutien populaire avec de telles propositions ? Quel arbre trouver pour cacher la forêt ? Dedecker a trouvé : parler le moins possible de son projet socio-économique et attaquer le plus possible les autres partis, surtout le PS. Et là, ce qu’il peut utiliser lui est servi sur un plateau…

En Flandre, lors des élections du 10 juin, la LDD (Liste Dedecker) avait récolté 6,2% pour sa première participation électorale. Six mois après, un sondage montre qu’un cinquième des électeurs pourrait voter la prochaine fois pour la LDD. Et Dedecker peut compter sur un large soutien des médias pour l’aider à se présenter comme une alternative au Vlaams Belang auprès de ceux qui souhaitent émettre un vote anti-establishment.

Mais ce n’est pas gagné pour lui. Le VB pourrait à court ou plu long terme récupérer les voix perdues car il dispose d’un appareil solide, bien plus capable d’instrumentaliser le mécontentement face à la politique antisociale. D’autre part, si Dedecker peut marquer des points dans ses critiques, il n’offre aucune solution. Ainsi, quand le parti chrétien flamand a tenté de se montrer plus « social » lors de son message de nouvelle année, Dedecker a rappelé qu’Etienne Schouppe, président par interim du CD&V, a quitté la direction de la SNCB en empochant 2 millions d’euros aux frais du contribuable. C’est vrai. Mais Dedecker exige en même temps la privatisation immédiate des chemins de fer, avec les conséquences désastreuses que cela impliquerait pour le service aux usagers et pour les travailleurs de la SNCB !

Malgré tout, les partis populistes tels que la LDD peuvent encore réussir à canaliser le mécontentement populaire aussi longtemps tant qu’une alternative de gauche n’émergera pas de la lutte des classes et tant que ces partis se tiendront à l’écart du pouvoir et qu’ils ne devront donc pas appliquer la politique néolibérale qui est au cœur de leurs programmes. Mais on peut être sûr que leurs électeurs seront en fin de compte cruellement déçus car les aspirations à une politique plus sociale et équitable ne trouveront aucun écho chez des gens comme Dedecker.

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