Un plan d’action pour défendre le pouvoir d’achat !

Quelle suite après la manifestation du 15/12 ?

Le 15 décembre, 25.000 manifestants sont descendus dans les rues de Bruxelles à l’appel du Front commun syndical. Depuis, le silence règne du côté des directions syndicales. « La sécurité sociale forte, l’augmentation du pouvoir d’achat et la fiscalité plus équilibrée » réclamées en décembre ont-elles donc déjà été acquises en janvier ? Malheureusement pas.

Eric Byl

Le premier ministre « intérimaire » Verhofstadt a immédiatement prévenu : « Il n’y a pas d’argent ». Il a subtilement ajouté que même les revendications du SP.a allaient trop loin et que le PS ne mettait aucune revendication en avant.

La faiblesse incite à l’agression. La FEB a donc mis en garde contre « la politique émotive » et a lancé un plaidoyer pour les accords « all in », afin de neutraliser encore plus toute compensation salariale (limitée par l’affaiblissement de l’index) face aux hausses des prix. Les négociations de l’automne prochain pour l’accord interprofessionnel s’annoncent difficiles ! Selon le raisonnement des patrons, si le pouvoir d’achat doit s’améliorer, alors ce sera au gouvernement de casquer. Dès lors, les gains au niveau du salaire net seraient compensés par des services publics encore plus chers !

Aucun politicien ni dirigeant syndical ne veut visiblement prendre en compte les données publiées dans le magazine Trends/Tendances qui révèlent que les profits des 30.000 plus grosses entreprises belges (tous secteurs confondus) pour 2006 se sont élevés à 77,4 milliards d’euros, une progression de 25% par rapport à 2005, pourtant déjà une année record. Ce sont de telles données que le sommet syndical devrait employer contre le discours patronal.

Les actions de protestation menée devant le siège d’Electrabel par une poignée de syndicalistes FGTB, sous la conduite du duo De Leeuw-Demelenne, ne suffissent vraiment pas. « Si la direction de la FGTB ne l’ose pas – ou ne le veut pas – alors c’est à nous de le faire » se sont sans doute dit les salariés de Syncreon en partant spontanément en grève le lundi 14 janvier. Au bout de compte, ils ont imposé une augmentation salariale de 0,47 euro par heure et deux primes de 500 euros. Syncreon est l’un des multiples sous-traitants de Ford. Le système des sous-traitants a été introduit pour tenter de diviser les salariés et de saper les salaires et les conditions de travail. Mais les travailleurs ont visiblement trouvé le talon d’Achille. Peu de temps après Syncreon, Ford, elle aussi, s’est arrêtée et sa direction a mis la pression sur celles des sous-traitants pour qu’elles mettent fin au plus vite au conflit (à cause du système « just in time », les ressources sont vite épuisées).

Voir manger ouvre l’appétit. C’est ainsi que les salariés de Lear Corporations, de SML, de Magna Belplas et d’IAC ont suivi l’exemple, chaque fois avec succès. Contrairement à ce que disent les patrons, pour nous, c’est Ford-Genk qui a « pris en otage » les salariés en sous-traitant toujours plus d’emplois. Les salariés de Ford partagent cette opinion et ont suivi l’exemple des sous-traitants, avec comme résultat une prime de 800 euros nets, la conversion de contrats à durée temporaire en contrats à durée indéterminée et une baisse de la pression de travail de 3%.

Cortebeeck, le président de la CSC, a déclaré que ce n’était « certainement pas » la direction syndicale qui avait « provoqué » cette vague de grèves et qu’il cherchait à trouver une solution au plus vite. Pour faire face à la hausse du coût de la vie et de la pauvreté, il faut augmenter les salaires et les allocations, et non enrichir encore les super-nantis. Au lieu de selamenter, il vaudrait mieux que Cortebeeck et son collègue FGTB De Leeuw consultent les militants et qu’ils établissent un plan d’action pour la défense du pouvoir d’achat.

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