<![CDATA[Balais01Dimanche 18 octobre était organisée une conférence des représentants du Balais Citoyen. Ses représentants n’étaient autres que Smockey et Sams’k, artistes très connus au Burkina, à l’initiative du mouvement.

Par Laure et Ousmane (Bruxelles)

Alors qu’ils n’avaient été invités qu’une semaine auparavant, leur présence a suscité l’engouement parmi la population tant belge que burkinabé et africaine de manière générale. La salle de l’horloge du sud était plus que remplie par près de deux cent personnes, sans compter celles qu’il a fallu refuser par manque de place. Les discussions au sortir de la conférence étaient également très passionnées sur la question d´un mouvement révolutionnaire pour le Burkina et pour l´ensemble de l´Afrique.

Balais03La conférence était riche en partages d´expériences sur l´organisation et la naissance du mouvement du Balais Citoyen qui a suscité une grande attention au delà des frontières.

Les orateurs ont souligné l´importance de s´organiser par quartiers, de manière hebdomadaire, et aussi en coordination nationale et internationale (différents « cibals », des cercles du Balais Citoyen, ont été créés dans de nombreux pays où la communauté burkinabé est présente). Ils ont également insisté sur la nécessité de conscientiser les masses laborieuses, mais aussi de préserver cette vigilance du peuple qui s´est encore illustrée lors du putsch en septembre. Ils ont également expliqué la volonté de mettre sur place un programme politique, une charte et un projet de société propre au Balais Citoyen.

Balais02“Il faut suivre vos convictions, pas suivre des leaders. Si vous suivez vos convictions, vous serez les leaders de demain.” disait Smokey

Néanmoins, on a pu dénoter des limites à la stratégie du Balais qui refuse de prendre le pouvoir et cherche seulement à se poser en “garde fou” des représentants politiques, de l´Etat. Ils mettent en avant la personnalité des hommes politiques comme seule responsable de leurs actes et minimisent l’impact du système capitaliste sur les politiques menées. Or, tant que le système capitaliste restera en place, les marionnettes de l´impérialisme continueront de se succéder, et le peuple burkinabé continuera de se faire exploiter.

Ce qui est inquiétant, c´est que dans cette situation potentielle de double pouvoir, refuser d’aller plus loin équivaut à prendre une hyène pour garder des chèvres. C’est ainsi exposer le peuple à la répression au sortir des prochaines élections. Il est pourtant évident que la seule solution pour les travailleurs et les pauvres est de prendre en main le pouvoir politique par eux-même, par une révolution sociale, pour en finir avec le système capitaliste. Ce n’est qu’à ces conditions qu’il sera possible d’enfin se réapproprier les richesses du pays, de décider démocratiquement de leur utilisation et de leur partage tout en éradiquant la pauvreté.

Pour mener à bien cette révolution, il faudra que le Balais Citoyen s´organise avec les organisations syndicales, étudiantes et l´ensemble des organisations révolutionnaires de la société civile qui ont participé à la révolte populaire qui a renversé le dictateur en place.

Lorsqu´une telle société prendra place, il est certain que l´impérialisme cherchera non seulement à boycotter mais surtout à anéantir le pouvoir indépendant du peuple. Il sera donc indispensable d´en appeler à la solidarité révolutionnaire des travailleurs et des jeunes d´Afrique et du reste du monde.

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