Van Cau et Lizin : parasites ou symptômes d’un cancer ?

Van Cau et Lizin : parasites ou symptômes d’un cancer ?

Stéphane Delcros

Le PS est à nouveau dans la tourmente des affaires. Cette fois, Huy a pris le relais de Charleroi.

La méthode Lizin

Les employés communaux hutois utilisés pendant leurs heures de travail pour une distribution de tracts pour Anne-Marie Lizin ne sont pas la première bourde de la bourgmestre à la plaque d’immatriculation «HUY 001» (véridique). Ces dernières années, plusieurs affaires ont déjà contribué à la “notoriété” de Huy qu’Anne-Marie Lizin dirige depuis 1983 : consultation populaire jetée aux orties parce que les résultats ne lui plaisaient pas, lettres de pressions envoyées à des juges pour « aider » l’entourage fourni de la bourgmestre, soupçons d’abus de biens sociaux dans la gestion du Centre hospitalier hutois,…

Tout cela sans aborder les fréquentes intimidations et pressions exercées à l’encontre du très nombreux personnel de la ville et de l’hôpital, sans parler des insultes régulières (« sale pute », « nazie », « punaise »,…).

Le PS rénové est arrivé ?

Pour lutter contre les pourris, la direction du PS a dû faire appel à un secouriste de l’extérieur des structures du parti : Paul Magnette. Cet ancien professeur de science politique à l’ULB n’a jamais été élu une seule fois, n’a jamais participé à la vie du PS, mais a connu en six mois une ascension fulgurante depuis son parachutage à la tutelle de Charleroi jusqu’au gouvernement Verhofstadt III en passant par un poste de ministre à la Région Wallonne. Serait-il le seul pion blanc à la disposition de Di Rupo sur l’échiquier du PS ? Et quel exemple de démocratie…

Magnette est une opération de communication, décriée notamment par Patrick Moriau pour qui les problèmes à Charleroi ont été mis sous cloche et non pas résolus avant que le jeune premier saute à la Région pour rebondir au fédéral comme caution du « nouveau PS ».

Quant aux deux autres aspirants dictateurs, Van Cau et Lizin, force est de constater qu’au PS, ils sont encore parmi les seuls à avoir des liens étroits, même totalement caricaturaux et dégénérés, avec la classe ouvrière. Mais les rendre unilatéralement responsables, eux et ceux qui restent encore, est une réponse insuffisante.

Le paternalisme népotique et clientéliste qui a gangréné le PS découle logiquement de l’acceptation du système capitaliste par ce parti représentant soi-disant les travailleurs. Faute de lutter réellement pour plus de moyens en allant chercher l’argent là où il se trouve, dans les poches des riches, le PS et ses ancêtres ont été forcé de répartir la pénurie qu’implique une société bourgeoise pour les travailleurs. Et on donne d’abord aux copains, aux camarades. Ce qui au départ n’était qu’une expression de la solidarité dans les limites imposées par le système est ensuite devenu une institution vicieuse.

Mais aujourd’hui, le PS s’est résolument tourné vers la défense des intérêts du patronat, ces vieux liens pervertis sont devenus un problème à deux niveaux : sur le plan de « l’éthique » (notion pourtant étrange pour tout qui accepte la logique d’exploitation capitaliste) et sur celui des dernières amarres avec des pratiques de service publics ou d’intervention de l’Etat périmés aux yeux du PS.

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