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Grève de 24 heures en province de Liège : un succès sur lequel construire!

<![CDATA[Le 7 octobre dernier, les 100.000 manifestants qui avaient défilé dans les rues de la capitale ont démontré que la volonté de lutter contre ce gouvernement de droite ne manquait pas chez les travailleurs. Les manifestants venaient tant du nord que du sud du pays, tant du public que du privé. Cela a une fois de plus été illustré par le succès de la grève lancée par la FGTB Liège-Huy-Waremme et par la FGTB-Verviers.

Administrations communales, provinciales et régionales, transports en commun, grandes entreprises telles qu'ArcelorMittal, TechSpace Aero ou encore la FN Herstal; etc. ont été mis à l'arrêt. Cette grève a été couronnée d'un vif succès. Sur de nombreux lieux de travail, il était clair que les délégués et militants syndicaux bénéficiaient toujours de l'expérience du plan d'action de l'automne 2014. « Nous avons reconstruit une tradition syndicale grâce à ce plan », nous a ainsi expliqué un délégué. Des piquets avaient été installés devant diverses enseignes liégeoises ou encore au centre commercial de Belle-Ile; plusieurs écoles publiques étaient fermées,…. Place Xavier Neujean, quelque 200 grévistes s'étaient rassemblés au matin devant la banque BNP Paribas Fortis.

Si l'appel à la grève n'a pas été suivi par la CSC, on a pu trouver çà et là certains de ses militants auprès de leurs collègues de la FGTB. La nécessité de mener le combat en commun était bien présente dans les diverses discussions que nous avons pu avoir lors de nos visites de solidarité. Et si des critiques très vives ont pu fuser, c'était avant tout contre le fait qu'une occasion a été manquée après la grève générale nationale du 15 décembre 2014 et que l'élan du premier plan d'action a été perdu.

Le 7 octobre, à Bruxelles, l'enthousiasme avait grandit dans le cortège syndical au fur et à mesure que la réussite de la mobilisation était connue. Il en a été de même ce lundi, ce qui fut d'ailleurs très perceptible lors du rassemblement appelé par la CGSP à la gare des Guillemins à 11h. Environ un millier de grévistes s'y sont retrouvés, tandis que de nombreux collègues étaient restés sur les piquets de grève.

Il était particulièrement important de se retrouver à cet endroit devenu hautement symbolique vis-à-vis de la défense du droit de grève puisque, comme ce fut le cas à Bruxelles le 9 octobre, il y eut des menaces d'astreintes à l'encontre des cheminots. Ces derniers, avec le soutien de métallos, de travailleurs de la santé, etc., ne se sont toutefois pas laissés intimider et ont bloqué les trains à quai à la gare des Guillemins. Cette agression ne concerne pas que les cheminots, il s'agit très clairement d'une offensive portée contre l'ensemble des travailleurs.

D'autres actions provinciales devraient être annoncées afin de poursuivre la lutte contre ce gouvernement des riches. Disposer d'un plan d'action crescendo avec des objectifs clairs, jusqu'à la chute de ce gouvernement, est très certainement la meilleure manière de réagir contre les attaques perpétuelles de celui-ci.

Tel que le disait le tract du PSL distribué à cette occasion : « La FGTB wallonne pousse pour un plan d’action à la hauteur de celui de l’automne 2014 depuis le printemps dernier. Mais le sommet de la CSC refuse de faire quoi que ce soit et privilégie la prétendue négociation alors que nous ne faisons que battre en retraite, comme ce fut le cas avec la conclusion de l’accord salarial de février dernier. Nous n’y avons rien gagné. La FGTB flamande, de son côté, n’ose pas entrer en action car elle pèse moins lourd que la CSC flamande. La FGTB wallonne a au moins le mérite d’élaborer son plan d’action et même d’avoir distribué à Liège une lettre ouverte aux militants et affiliés de la CSC appelant au front commun par la base.

Mais assurer que ce plan devienne une réalité – c.à.d organiser des assemblées générales, interprofessionnelles ainsi que sur les lieux de travail, ouvertes à tous pour y discuter du constat de l’échec de la concertation et de l’élaboration d’un plan d’action à la base pour réunir nos forces – ça, elle ne le fait pas. Elle livre ainsi une arme aux mains de la direction de la CSC qui peut dire à loisir «oui, mais attention, la FGTB ne consulte pas la base». Elle donne aussi une arme à des centrales syndicales de la FGTB en Flandre qui n’ont pas envie de bouger et déforce celles qui voudraient au contraire y aller.

La manière dont la riposte est organisée aux chemins de fer en est un exemple. Depuis longtemps, les militants combattifs poussent la direction syndicale à sérieusement organiser la riposte contre la libéralisation du transport de marchandises et bientôt aussi du transport de voyageurs. On pousse depuis longtemps à l’unité des divers secteurs confrontés à la libéralisation tels que les ports, les aéroports et les chemins de fer. Et qu’est-ce-qui se passe à la SNCB ? On y appelle bien à la grève, par le sommet, en rajoutant même une grève de 48 heures. Mais n’aurait-il pas été plus intelligent et efficace de d’abord organiser des assemblées du personnel et de formellement voter la grève ?

Evidemment, pour la direction de la CSC, c’est toujours trop tôt. Mais en agissant ainsi, on lui offre la possibilité d’obtenir un meilleur écho. Bien entendu, le patronat utilise cette «division des syndicats» pour tester, pour la première fois, le recours à un juge pour casser une grève. L’enjeu n’est pourtant pas des moindres. La SNCB prévoit d’économiser 633 millions d’euros pour 2019, soit environ 20% des moyens de fonctionnement totaux. Alors que l’encadrement légal prévoit 38.000 travailleurs, il n’y en a actuellement que 34.000 et ce nombre devrait encore fondre! Le statut des travailleurs est également menacé, de même que le droit de grève, indirectement.

Avec tout ça, il serait tout de même logique de réunir tout le monde pour discuter d’une riposte à hauteur de l’attaque.

La volonté de combattre existe toujours. Mais pour cela, il faut que les directions syndicales prennent la lutte véritablement au sérieux et commencent à la structurer de façon convenable. Sinon, nous risquons de foncer droit dans le mur et de subir des défaites majeures. Nous espérons ne pas alors entendre dire «ce n’est pas de notre faute, c’est la base qui n’a pas voulu suivre».

Une chose est claire, les militants de base et les délégués doivent d’urgence mettre de l’ordre dans leurs rangs et assurer que les militants élus aux élections sociales soient des militants combattifs pour qui le travailleur constitue la préoccupation centrale, et qui osent le dire tel quel à leur secrétaire syndical. »

Le potentiel pour de nouvelles actions a été une fois de plus confirmé. Organisons les actions provinciales suivantes avec autant de militants et de collègues que possible, avec des assemblées du personnel et des réunions militantes interprofessionnelles pour préparer un plan d’action jusqu’à la chute du gouvernement. Ce serait également l'occasion de pousser plus avant la discussion concernant l’alternative politique dont nous avons besoin contre tous les partis de l'austérité, au fédéral comme aux autres niveaux de pouvoir.

Grève du 19 octobre : SNCB

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