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Let ’s Kick FIFA out of foot ball. La pourriture fuse par tous les pores du système

<![CDATA[Fifa_kickCes dernières semaines ont dévoilé l’ampleur du système pourri qui régit le sommet du football mondial : inculpations, arrestations, démissions de plusieurs pontes de certaines fédérations nationales, de Confédérations continentales et même du sommet de la FIFA. Même le tout puissant Sepp Blatter a été rattrapé par les révélations de scandales et a dû démissionner de la présidence de la FIFA, qu’il occupait depuis 1998.

Par Stéphane Delcros, article tiré de l’édition d’été de Lutte Socialiste

Les soi-disant ‘chevaliers blancs’ annoncés pour reprendre sa succession (le Prince Ali de Jordanie, Michel Platini,…) étaient aux affaires pendant que les enveloppes circulaient sous les tables. L’attribution des Mondiaux 2018 et 2022 à la Russie et au Qatar a clairement été entachée d’achats de votes. Les intérêts économiques, le duo Poutine- Gazprom et les pétrodollars qataris ont eu raison de choix plus logiques et moins coûteux.

Au Qatar, le travail forcé, voir l’esclavage, des ouvriers immigrés sur les chantiers de la Coupe n’est plus un secret pour personne. Et ceci pour construire des infrastructures qui ne serviront quasi à rien une fois la compétition terminée, comme ce fut le cas en Afrique du Sud (Coupe du Monde 2010) et au Brésil (2014).

La recherche de profits ne peut que pervertir une organisation aussi massive que la FIFA gérant un sport aussi populaire que le football. Mais il ne s’agit pas seulement de corruption. La FIFA est imprégnée du système capitaliste et poussera en permanence à des pratiques qui assurent une accumulation de richesses au profit de gros entrepreneurs, de l’actionnariat des multinationales,… au détriment des travailleurs, des jeunes, et des plus pauvres.

La corruption, sommet de l’iceberg

Les profits de la FIFA et ceux de ses partenaires sont puisés dans les poches des supporters et de la population locale, frappée par l’augmentation du coût de la vie autour de l’évènement. De plus, chaque édition de la Coupe du monde et du Championnat d’Europe, la FIFA (ou l’UEFA) bénéficie d’une extraordinaire exonération fiscale, en toute légalité, aux frais de la collectivité. Les politiciens pro-capitalistes accentuent ensuite les politiques d’austérité pour essayer de rembourser la dette publique, qui a explosé. Réformer la FIFA est une illusion.

Tout cet argent contraste avec l’absence de moyens dont l’énorme majorité de clubs, de footballeurs et de supporters souffrent à travers le monde. Les sommes folles transférées au sommet du football mondial, et qui ne concernent qu’un petit pourcentage de footballeurs, témoignent, elles, de la perversion du sport et des compétitions sportives.

La compétition sportive doit être un évènement populaire, géré et contrôlé par la collectivité et les supporters, qui permette d’encadrer sainement la jeunesse, de l’impliquer, épaulée par les sportifs plus expérimentés. Elle doit être accessible à tous, sportifs comme supporters, à des prix démocratiques, et ne doit pas générer des salaires exorbitants pour les sportifs de haut niveau.

Les moyens financiers existants doivent être utilisés pour le vrai sport, en développant les infrastructures de base et la formation, tant pour ceux qui prennent le football et le sport comme loisir que pour développer une vraie compétition, saine, dans un esprit fraternel, sans autre enjeu que le sport. Mais il faut aussi s’assurer que la gestion et le contrôle des clubs sportifs et des fédérations soient entre nos mains : celles des sportifs, des supporters et de la population locale. Reprenons notre sport de leurs mains !]]>