L’unité des travailleurs et des jeunes contre la surenchère communautaire et la casse néo-libérale !

Aujourd’hui celui qui ouvre un journal ou regarde la télé ne peut pas le rater: Partout des voix parlent de donner plus de compétences aux régions, scissionner la sécurité sociale etc. Même la Belgique comme état fédéral est remise en question. En même temps, on voit apparaitre face à cela toutes sortes d’initiatives pro-belgicaine. Nous ne pensons pas que pour les jeunes et les travailleurs le belgicanisme soit une réponse au flamingantisme.

Jan Van Olmen

Les divisions communautaires entre les politiciens flamands et francophones servent à cacher leurs accords sur l’agenda néolibéral : de nouvelles attaques sur les salaires, sur les pensions, les chômeurs, sur le droit de grève, sur les services publiques,… Les politiciens flamands veulent plus de compétences pour les communautés afin d’avoir un instrument mieux adapté pour accélérer cette politique. Les politiciens qui défendent plus de fédéralisme veulent le faire sur le plan national. Il est nécessaire d’avancer une réponse politique face aux nationalismes (tant flamingant que belgicain) et d’organiser la résistance syndicale contre les attaques néolibérales. Cela nécessite l’unité des travailleurs flamands, wallons et bruxellois. La scission des syndicats dans une série de secteurs affaiblit aujourd’hui notre capacité de riposte. La force des syndicats et la sécurité sociale ont depuis toujours été basées sur la solidarité entre les travailleurs des différentes communautés.

C’est pourquoi nous soutenons la pétition « Sauvons la solidarité » lancée par les syndicats suite aux initiatives des délégations de Total et Dégussa contre la scission de la sécurité sociale. Elle met en avant que les acquis sociaux dans notre pays ont été obtenus par une lutte commune des travailleurs flamands, wallons et bruxellois. Des dizaines de milliers de personnes ont déjà signé cette pétition. Malheureusement, l’implication de chanteurs et d’autres personnalités détourne le contenu de cette initiative par leurs propos pro-Belge dans la presse.

Certains dans la gauche tombent également dans ce piège. Comac a récemment écrit comme conclusion politique de son journal à l’ULB : « La solidarité entre les jeunes, les vieux, les Flamands, Wallons et Bruxellois, les riches et les pauvres, est la base sur laquelle repose la Belgique, elle doit le rester ! ». L’Etat-Nation Belge au service de sa classe dominante avec son marché, ses politiciens et ses parlements, son armée, sa police et sa justice n’est certainement pas basé sur la solidarité mais bien sur l’exploitation de la grande majorité par les capitalistes. S’ils existent des nationalistes flamands de gauche c’est dû à l’oppression linguistique comme l’interdiction d’utiliser le flamand dans les tribunaux, dans l’administration,… sur laquelle la Belgique a été fondée. S’il existe un nationalisme wallon c’est du au fait qu’on a utilisé les faiblesses du mouvement ouvrier en Flandre pour briser la résistance des travailleurs wallons. C’est cela aussi la Belgique ! L’idée que la Belgique se baserait sur une solidarité entre riches et pauvres est un mensonge. Que 15% de la population vit aujourd’hui sous le seuil de pauvreté en est une illustration flagrante que même ceux qui ne se prétendent pas marxistes ont du mal à dissimuler. Les intérêts de la classe des travailleurs sont inconciliables avec ceux de la classe des capitalistes. Les acquis des travailleurs en Belgique, comme la sécurité sociale, ont été arrachés par des luttes sur le plan national. Et ils doivent être défendus ainsi.

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