<![CDATA[ls202Selon les mots des ministres de l’Emploi Kris Peeters (CD&V) et des Finances Jan Van Overtveldt (N-VA), la période estivale, débarrassée de contrôles et d’ajustements budgétaires, correspond au moment idéal pour conclure un ‘‘Tax Shift’’. Cette grande réforme fiscale, dont l’importance devrait atteindre 5 à 10 milliards d’euros, prétend avoir pour objectif de ‘‘rééquilibrer’’ le poids de la fiscalité que chacun doit supporter afin de stimuler l’emploi et le pouvoir d’achat. Qu’en est-il réellement ?

Par Baptiste (Nivelles)

Lors du plan d’action contre le gouvernement fin 2014, une énorme colère s’était exprimée contre les politiques d’austérité brutales du gouvernement Michel. Ces dernières visent à toujours faire payer à la majorité de la population pour mieux assurer les profits du 1% le plus riche. Michel & Co avaient alors agité le Tax Shift pour prétendre qu’il existait également un contenu social dans le projet du gouvernement et que l’effort serait équitablement réparti entre les différentes classes sociales.

Pourtant ce gouvernement est bien incapable de s’en cacher : c’est celui rêvé par les riches. Les attaques contre nos conquêtes sociales ont été lancées tous azimuts dès sa formation. Au vu des déclarations provocantes des différents ministres dans la presse, que ce soit sur l’emploi, les services publics ou encore l’immigration, ce gouvernement de droite ne s’arrêtera pas tant que la route ne lui sera pas barrée. Si cela ne tient qu’à eux, aucun doute ne persiste que la réforme fiscale annoncée ira dans le sens de servir les riches au détriment des autres.

D’ailleurs, tout le camp patronal est en train de se positionner sur le sujet depuis plusieurs semaines. Les fédérations patronales Agoria et FEB veulent que la réforme serve à améliorer la sacro-sainte compétitivité des entreprises en ‘‘allégeant les charges sociales’’. Ce ‘‘cout du travail’’, comme il est souvent présenté, n’est autre que notre salaire indirect, le ciment, la condition sine qua none à l’existence de notre sécurité sociale. Réduire en substance ces cotisations reviendrait à poursuivre encore un peu plus le démantèlement d’une de nos conquêtes! Sur ce terrain, les fédérations patronales ont à nouveau reçu l’aide idéologique de leurs institutions; Commission européenne en tête, elles ne cessent de rappeler à quel point ces charges salariales représentent un cout trop élevé, au point d’être un handicap pour l’économie. Quel cynisme alors que le fossé entre les plus pauvres et les plus riches ne cesse de se creuser !

Ne soyons pas dupes, nous n’avons aucune confiance à avoir en ce gouvernement, y compris en ses composantes soi-disant plus sociales comme cherche à se profiler le CD&V. N’importe quelle mesure présentée comme favorable aux travailleurs – telle que diminuer les impôts sur les salaires – est systématiquement détournée en une attaque antisociale. Le gouvernement l’a une fois de plus démontré, par l’entremise du thatchérien Van Overtveldt. Débarrassé de la pression du plan d’action syndicale, il a alors déclaré exclure toute augmentation de taxes sur les revenus du capital pour compenser une diminution de la fiscalité sur le travail. À partir de là, l’enjeu de la réforme fiscale ne peut constituer qu’à reprendre d’un côté aux travailleurs ce qui leur aura été rendu d’un autre, le tout en donnant un coup de canif aux mécanismes de solidarité d’une sécurité sociale pourtant déjà insuffisante.

Augmentation de la TVA, taxes ‘‘écologiques’’ (augmentation des accises sur le diesel, taxe kilométrique pour les voitures,…) : les formes de taxation socialement les plus injustes sont envisagées pour mieux préserver les grandes fortunes, les plus-values boursières, l’évasion fiscale et les cadeaux fiscaux dont jouissent le grand patronat et les nantis. Au mieux, une taxation symbolique sera imposée à certains revenus du capital pour vendre une réforme soi-disant équilibrée, alors qu’en réalité s’agira qu’un nouveau transfert de richesses des poches des travailleurs vers celles des capitalistes.

La raison d’être de ce gouvernement constitue à casser tout ce qui peut l’être parmi les conquêtes du mouvement des travailleurs. Tant que ce gouvernement tiendra debout, de nouveaux objectifs asociaux seront énoncés. Pour que cela cesse, une seule solution : nous devons repartir à l’offensive avec un plan d’action bien élaboré et construit comme fin 2014 avec pour objectif d’anéantir ces plans néolibéraux. Se contenter d’une accalmie de ce gouvernement est illusoire. En dernière instance, nous devons nous battre pour faire chuter ce gouvernement et lutter pour une alternative politique au délabrement capitaliste et à sa brochette de politiciens !
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