Capitalisme et Ecologie. La Science appartient à tous,… La Planète aussi !

De quelle manière pouvons-nous lutter contre la destruction de la terre ? Est-il possible d’être écologiste et en même temps de maintenir notre mode de vie ? De “l’agenda vert” de l’Open VLD en passant par le programme de Groen!, à la manifestation pour le climat du 8 décembre : nombre de partis et organisations donnent leur propre explication et solution au sujet du problème du climat, explications qui ne sortent pas du cadre du capitalisme.

Michael Bouchez

C’est là que se trouve la différence avec les analyses et solutions défendues par EGA. Le problème dû réchauffement de la terre, du aux gaz à effets de serre, ne peut être résolu dans le cadre du système actuel. Chaque mesure néolibérale défendue par nos gouvernements n’est pas plus efficace qu’une petite saignée, dont le sang est fourni par les classes laborieuses.

A travers la soi-disant « sensibilisation » des individus – logique découlant du fait que les politiciens ne sont qu’une marionnette au service du capital, une marionnette qui suit la logique du profit – on voudrait faire croire aux gens que c’est par une consommation individuelle consciente que notre planète pourra être sauvée. Nous avons quelques objections à formuler par rapport à cela.

Tout d’abord s’élève évidemment cette question: qui peut payer cette politique? Du point de vue néolibéral et asocial, c’est l’individu lui-même qui doit payer. Les travailleurs et leurs familles, qui ont vu leur pouvoir d’achat baisser continuellement depuis 25 ans, doivent maintenant, pour être écologiques (ce qui est présenté comme une obligation morale), acheter des produits écologiques plus chers.

Ensuite, nous pouvons nous interroger sur l’impact qu’auront ces solutions individuelles. Il nous semble simplement utopique de croire que la sensibilisation des consommateurs du monde entier puisse jouer le rôle d’une rustine verte. Les émissions de gaz à effet de serre que les particuliers pourraient aider à économiser ne comptent que pour 3% de la quantité qui devrait l’être.

Une solution individuelle au problème du climat va également à l’encontre de notre confort. Nous ne pensons pas devoir remonter dans le temps (par exemple, en s’éclairant à la bougie et en portant de grosses chaussettes de laine). De plus, ces solutions individuelles s’insèrent dans le cadre de la logique du profit, pour laquelle chaque mesure est dépendante de la possibilité de maximaliser le profit. Le sacro-saint profit renverse toute invention trop chère qui se trouve sur son chemin, et mène à des « solutions » à court terme et temporaires, qui sont d’ailleurs sans cesse remises en cause.

Il n’est pas étonnant de voir les travailleurs opposés et désintéressés par l’agenda vert des partis traditionnels qui veulent les éduquer à coups d’écotaxes, alors que leur propre pouvoir d’achat ne cesse de diminuer. Lorsque Groen! veut fermer les centrales nucléaires, ils ne peuvent exiger des travailleurs de ces centrales qu’ils acceptent simplement le fait de se retrouver à la rue sans être certains qu’ils retrouveront un nouvel emploi avec les mêmes conditions de travail et le même salaire. Dans notre marché libre, chaque emploi perdu est un risque de chômage, ou d’un nouvel emploi moins bien payé et moins sûr. De plus le problème du nucléaire ne se résume pas à la fermeture. Nous avons besoin d’énergie, nous devons donc revendiquer une énergie propre, donc une recherche scientifique au service de la collectivité. Soit pour sécuriser les centrales et éliminer les déchets toxiques, soit pour reconvertir la production vers des énergies alternatives.

Nous voulons des logements sociaux et des services publics gratuits et de qualité.

Au lieu des écotaxes asociales que doivent payer les familles pour la pollution, nous revendiquons une politique qui stimule des solutions collectives. Au lieu d’une taxe au CO2, nous proposons un développement massif de services publics de qualité et gratuits pour tous, de sorte que les gens puissent se déplacer de manière bon marché et écologique en même temps. Le développement de transports collectifs gratuits est nécessaire comme alternative aux voitures individuelles. Ce développement est bien entendu empêché à l’heure actuelle par le fait qu’il n’y a soi-disant ni marché ni argent pour cela.

Nous demandons également des lavoirs gratuits : tout le monde doit pouvoir faire son lavage comme il veut, mais nous sommes partisans de services gratuits dans lesquels les gens pourraient venir avec leur linge, le faire laver et revenir le prendre quand ils le désirent. Ceci économiserait une énorme quantité d’énergie et d’eau, et permettrait en même temps de créer des emplois.

L’isolation des maisons est un des aspects les plus importants d’une utilisation raisonnable de l’énergie, mais les autorités refusent d’isoler les maisons gratuitement. Ils donnent des subsides aux gens qui peuvent se payer le reste, et qui peuvent ensuite en tirer les fruits, les moins fortunés doivent rester dans leur maison mal isolée et continuer à en payer les frais. Nous voulons que les pouvoirs publics isolent gratuitement les maisons, et lancent des projets de construction massive de logements sociaux confortables et correctement isolés.

Pour une lutte internationale des travailleurs pour la protection de l’environnement.

La lutte internationale pour un meilleur environnement rentre dans le cadre de la lutte de classes, une expression d’intérêts opposés et inconciliables. D’une part, les intérêts des masses partout dans le monde, de l’autre, ceux d’une petite minorité de gros actionnaires. Les intérêts des travailleurs, étudiants et chômeurs vont dans le même sens que le maintien d’un environnement vivable et l’utilisation durable des ressources naturelles. Les intérêts des actionnaires sont dans la maximalisation du profit, et par conséquent le pillage et l’épuisement des ressources naturelles et de l’environnement (Marx décrivait déjà l’épuisement du sol comme étant une des conséquences du capitalisme).

En tant que marxistes, nous rejetons l’idée que nous pourrions sauver le climat par la « baisse de la consommation ». La pollution ne vient pas du fait que nous produisons ou consommons trop, mais de la manière de produire. Le mode de production dans le système capitaliste ne tient pas compte du milieu de vie des travailleurs, puisque tout ce qui compte est la maximalisation du profit des patrons. Tout d’abord, nous demandons la (re)nationalisation du secteur de l’énergie afin que les prix puissent réellement être contrôlés et l’énergie produite de manière à respecter l’environnement. En tant que marxistes, nous pensons aussi qu’il est nécessaire d’intervenir dans le processus de production lui-même.

Nous voulons une économie planifiée démocratiquement, en fonction des besoins des gens – et donc aussi en respectant l’environnement – et pas en fonction des profits, ce qui mènerait à une production écologique, étant donné qu’un milieu sain est un droit.

De plus, une économie planifiée mènerait à une recherche sérieuse d’énergie verte, à la place d’une recherche orientée en direction des intérêts pétroliers et autres lobbys. La recherche scientifique doit sortir des mains des entreprises!

Nous sommes en faveur d’un développement d’une recherche scientifique publique indépendant des actionnaires et du privé afin que les brevets privés, source de profits pour une minorité, soient éliminés !

Une solution durable pourrait être trouvée si seulement il y avait une recherche sérieuse en faveur des énergies renouvelables, sous contrôle collectif.

La manifestation pour le climat du 8 décembre.

Nous appelons à venir manifester pour l’environnement le 8 décembre 2007, en association avec diverses organisations, et à y avancer nos revendications. Nous voulons apporter quelques nuances vis-à-vis de certaines positions défendues dans le projet de manifestation, comme par exemple vis-à-vis des solutions individuelles (comme passer à l’électricité verte). Le capitalisme ne pourra jamais être amené à s’accorder avec l’écologie!

De plus, il y a une sous estimation, voire une négation du rôle des travailleurs en tant que classe. Leurs situations, et leur potentiel est mis de côté. Les travailleurs font tourner l’économie, ce sont eux qui produisent les richesses. S’ils arrêtent de produire (via les grèves), et reprennent le travail pour leur propre compte, ils peuvent décider de produire pour un environnement sain et non pas pour les profits d’une poignée d’actionnaires. C’est pourquoi il est nécessaire de s’organiser et de lutter pour une société où l’économie serait gérée en fonction des besoins et contrôlée par les travailleurs, une société socialistes Des salaires bas pour les travailleurs, des attaques sur l’accès à l’enseignement, … Les travailleurs doivent s’organiser eux-mêmes ! Un parti des travailleurs, indépendant de la bourgeoisie, est possible et nécessaire ; aux USA comme ailleurs, une alternative socialiste est la seule solution.

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