La libéralisation libère les prix : ils s’envolent !

La libéralisation du marché de l’énergie a été présentée par les partis traditionnels comme un moyen de faire baisser les prix et d’assurer un meilleur service. Steve Stevaert (ancien président du SP.a) a ainsi déclaré que la libéralisation du marché de l’énergie serait « bonne pour les gens », ce qui rendait cette mesure socialiste.

Karel Mortier

Mais aujourd’hui, on ne constate aucune diminution des prix de l’énergie : les seuls à bénéficier de cette privatisation sont les actionnaires des sociétés d’énergie qui ont obtenu des profits gigantesques sur les dos des familles (en 2006, Electrabel a réalisé un profit de 2,3 milliards d’euros). Mais plutôt que d’admettre que les bienfaits de la libéralisation sont une vaste blague, on semble maintenant plaider pour l’accroître d’avantage.

L’an dernier, 90.000 ménages ont eu des difficultés à payer leurs factures d’énergie. Ce n’est pas encore assez pour les sociétés d’énergie qui veulent introduire de nouvelles grosses augmentations de prix. Le 1er octobre, Electrabel a donc augmenté ses prix pour le gaz de pas moins de 17%, un ménage payera presque 200 euros de plus ! Les rangs de ceux qui sont dans l’incapacité de payer leurs factures vont sans doute fortement grossir, notamment parce que les prix de l’énergie ne sont pas un cas isolé. Presque toutes les denrées de base comme le lait et le pain sont en train d’augmenter, et rien ne permet de dire que cette ascension va être contrariée.

A qui la faute ? Au « marché international » entend-on régulièrement. Ce n’est toutefois qu’une partie de la réponse. La raison principale tient au fait que les sociétés de l’énergie ont l’opportunité de déterminer elles-mêmes les prix et les intérêts des actionnaires, lesquels jouent un grand rôle dans ce processus.

Electrabel est présenté dans les médias et par différents politiciens comme une sorte de grand croquemitaine abusant de sa position dominante sur le marché pour maintenir des prix artificiellement élevés. C’est bien pratique pour les politiciens, cela leur permet de se débarrasser à nouveau de leurs responsabilités. Qui a pris la décision de privatiser Electrabel et de la vendre à une multinationale étrangère ? Ont-ils imaginé ne serait-ce qu’une seule seconde que les actionnaires de Suez se seraient intéressés aux problèmes de factures des gens ? Ou encore qu’ils allaient accepter le sourire aux lèvres de fermer les centrales nucléaires (extrêmement rentables) sous le seul prétexte de la sauvegarde de l’environnement ?

Le fractionnement d’Electrabel n’est en rien une solution. D’autres pays, dans lesquels plusieurs grands distributeurs se partagent ce marché, rencontrent le même souci. Satisfaire nos besoins en énergie de façon abordable, sûre et dans le respect de l’environnement ne peut se faire que par la renationalisation de la production d’énergie de façon à ce que la population puisse elle-même décider de ce qui est produit, de quelle manière et à quel prix.

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