Mer Noire: Les économies sur la sécurité provoquent une catastrophe écologique

Le dimanche 11 novembre, une tempête a provoqué plusieurs naufrages et parmi eux, celui d’un pétrolier russe. Au moins 1.300 tonnes de mazout sur les 4.700 contenues dans le tanker se sont déversées dans la Mer Noire. De plus, au moins trois cargos chargés de soufre ont également coulé, amplifiant donc cette majeure catastrophe écologique.

Nicolas Croes

Il s’agit d’un « incident écologique sérieux » selon les termes mêmes de l’Agence russe de surveillance environnementale tandis que l’on dénombre de nombreuses victimes (au moins 5 morts et 20 disparus) parmi les équipages des sept navires touchés par la tempête. Les vagues hautes de six mètres et les vents de plus de cent Km/h ont causé ce que la presse ukrainienne qualifie de « journée la plus catastrophique de l’histoire maritime ukrainienne ».

Selon un officiel russe, « il faudra plus d’un mois pour nettoyer la région, davantage si le mazout a effectivement coulé au fond des mers (à cause de la solidification causée par le froid, NDLR) ». En cause, un désastre « naturel » imprévisible ? Il n’a pas fallu attendre longtemps avant que plusieurs organisations n’accusent les autorités portuaires et les capitaines des navires qui n’ont pas pris en compte le mauvais temps. De fait, le secteur pétrolier ne s’est pas taillé une réputation de respect des normes de sécurité. Pour des raisons de profits, la sécurité est rabotée, quand elle n’est pas tout simplement ignorée. Chaque mois, environ 600.000 barils de produits pétroliers passent par le détroit de Kertch, là où se sont déroulés les naufrages, en Crimée. Les pertes causées aux entreprises pétrolières par un naufrage sont largement compensées par les bénéfices tirés d’un tel rendement et des économies sur l’entretien des bateaux, sur les conditions de travail des marins, …

Gageons que les responsables arriveront avec les conseils de leurs avocats à se dégager de toute condamnation importante. L’exemple du « Prestige », qui avait déversé 77.000 tonnes de pétrole en 2002 illustre la manière dont les multinationales, pétrolières dans ce cas, assument leurs responsabilités. Le pétrolier « Prestige » dépendait de Crown Resources AG, une filiale de la multinationale russe Alfa-Eco Group. Cette filiale a très vite été revendue à plusieurs cadres de la maison mère qui ont rebaptisé l’entreprise. C’est un fait connu, mais de cette façon, Crown Resources AG n’avait plus d’existence légale lors de l’enquête.

Tant que les multinationales pourront gérer leurs affaires uniquement dans le cadre des profits à apporter aux (gros) actionnaires, de pareilles catastrophes vont continuer à se produire. Dans une situation de changements climatiques, il est même très fort probable que le nombre d’évènements similaires ou pires encore augmente à l’avenir.

Vis-à-vis du secteur pétrolier, le MAS/LSP revendique :

  • la nationalisation des multinationales pétrolières sous contrôle des travailleurs, ce qui permettrait aussi de mettre la main sur tous les brevets d’énergies alternatives accaparés par les multinationales,
  • la ré-affectation des recettes pétrolières par l’Etat dans les secteurs prioritaires tel que l’enseignement, les soins de santé, le logement,
  • l’abolition de la TVA sur le mazout et sur les autres sources de chauffage,
  • le gel immédiat des prix,
  • le retour du carburant dans l’index.
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