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NON au sexisme, au racisme, à l'homophobie ! Tout ce qui nous divise nous affaiblit!

<![CDATA[LS_201_versoL’extrême droite a beau avoir perdu de sa superbe (le Vlaams Belang occupe bien moins de place aujourd’hui en Flandre tandis que ne subsistent que des groupuscules du côté francophone) et les droits légaux des personnes LGBTQI (1) ont beau avoir progressé, les discriminations racistes, sexistes ou homophobes (etc.) sont loin de s’être évanouies.

Cela fut illustré par le déluge de témoignages concernant le sexisme ordinaire qui a déferlé sur la Flandre sous le hashtag #WijOverdrijvenNiet, mais aussi par les tentatives – du Vlaams Belang notamment – de développer un mouvement raciste tel que Pegida, inspiré du mouvement allemand des ‘‘Patriotes européens contre l’islamisation de l’Occident’’. Le 16 mai, pour la première fois depuis des années, une contre-action homophobe prendra probablement place le jour même de La Pride (ex-Gay Pride). Cette initiative provient, une fois encore, des milieux conservateurs et d’extrême droite.

Les discriminations n’épargnent aucun secteur, des agences immobilières aux entreprises les plus diverses. Des nationalistes flamands se sentent suffisamment en confiance que pour s’en prendre à des journalistes en raison de leur couleur de peau. Les scandaleuses expulsions de sans-papiers suscitent par ailleurs peu d’indignation, de même que le fait que 40% des migrants non européens vivent sous le seuil de pauvreté en Belgique. Les faits indiquent clairement que le racisme est une réalité toujours bien vivace et, contrairement à ce qu’affirme Bart De Wever sans la moindre honte, il ne s’agit pas bêtement d’une excuse évoquée pour justifier des échecs personnels.

Les propos racistes de Bart De Wever et sa stigmatisation ouverte de minorités spécifiques ont profondément choqué. Cela n’a toutefois pas suffit à ce que la N-VA et De Wever prennent leurs distances de ces remarques. Quant à ceux qui ont tenu à protester dans les rues d’Anvers, ils ont immédiatement dû faire face à la répression policière et au système des amendes SAC (Sanctions Administratives Communales).

Loin d’être exagéré

Ce débat public survient au moment même où l’étendue du sexisme ordinaire occupe à nouveau le devant de la scène médiatique flamande et où, en France, le Haut conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes a dévoilé une étude indiquant que 100% des utilisatrices de transports en commun interrogées ont subi du harcèlement sexiste ou une agression sexuelle au moins une fois dans leur vie! Le problème est profond, très profond, et ne se limite pas aux jeunes d’origine immigrée des rues de Bruxelles, contrairement à une fausse idée largement répandue.

Tout comme c’est le cas avec le racisme, certains essayent de faire retomber la responsabilité de la problématique sur les épaules des victimes. Dans les cas de viol on peut ainsi encore régulièrement entendre (jusque dans les milieux universitaires) que la victime avait ‘‘provoqué’’ ce qui lui est arrivé par sa tenue, son ébriété,…

Les réactionnaires contre La Pride

Pour la première fois depuis longtemps, un groupe de profonds réactionnaires de droite (sous le nom de Mars voor het gezin, Marche pour la famille) veut organiser une action homophobe dans les rues d’Anvers le 16 mai, au moment même où se déroulera La Pride à Bruxelles. Cette manifestation comprendra des revendications opposées au droit à l’avortement, pour l’interdiction de La Pride,… Cet évènement aura de quoi séduire le primat de Belgique, Monseigneur Léonard, pour qui ‘‘La loi belge dépénalisant l’avortement? C’est un drame!’’ , comme il l’a déclaré cette année dans son homélie de Pâques. Il y a quelques années, il avait encore comparé l’homosexualité à l’anorexie, reléguant ainsi clairement l’orientation sexuelle au rang de maladie.

Si cette initiative a originellement été prise par des fondamentalistes catholiques, un large spectre de réactionnaires de droite est également intéressé par la démarche, notamment le KVHV (cercle des étudiants catholique) étroitement lié à la N-VA. Le 16 mai, des militants de la N-VA se retrouveront donc à La Pride à la recherche de potentiels électeurs tandis que d’autres manifesteront à Anvers pour l’interdiction de l’évènement…

Ne nous laissons pas diviser!

Racisme, sexisme et homophobie ont pour effet de diviser la population et d’instaurer des barrières à la lutte commune que nous avons tous à mener contre les véritables responsables de la crise, du chômage et de la misère. La meilleure façon de réagir est d’organiser une opposition politique et active conséquente contre toute tentative de division de notre classe et du mouvement social. En Allemagne, c’est de cette façon que la progression du mouvement Pegida a pu être brisée.

Pareille approche ne peut qu’être renforcée en étant clairement liée au combat anti-austérité, dont l’impact néfaste accroit les tensions sociales. Opposons la solidarité à la logique de division, par la lutte pour des emplois et des logements décents et de qualité pour tous. Plus globalement, luttons pour permettre à chacun de disposer d’un véritable avenir indépendamment de son origine, de son genre ou de son orientation sexuelle. Voilà notre réponse au désespoir réactionnaire.

(1) Lesbiennes, Gays, Bisexuels, Transgenders, Queers, Intersexués]]>