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CSC. Avons-nous assisté au même Congrès ?

<![CDATA[Le Congrès fédéral de la CSC est organisé tous les quatre ans. Cette année, il s’est tenu à Ostende les 23 et 24 avril, sous le thème «De vive voix». Un certain nombre de sujets ont été couchés sur papier, comme la revendication de la réduction collective du temps de travail avec maintien des salaires et embauches compensatoires ou encore une motion de soutien au gouvernement de gauche en Grèce. Toutefois, ce que notre président Marc Leemans a souligné dans son discours de clôture était bien différent que ce qui a été défendu par les militants.

Par un militant de la CSC

Ainsi, le sommet syndical a-t-il défendu le système de «Mitbestimmung» tel qu’il existe en Allemagne. Ce système de «cogestion» prévoit la présence de délégués syndicaux au conseil de leur entreprise et leur implication dans la prise de décisions (y compris concernant les restructurations et les licenciements). Sous l’impulsion e la grande majorité des militants, cela a rapidement été mis en minorité, sans grande discussion. Mais dans son discours de clôture, Marc Leemans a déclaré l’organisation syndicale n’était «pas encore mûre pour cette idée.» Espérons que la CSC ne sera jamais mûre pour ça!

De plus, durant tout le Congrès, il n’a pas été une seule fois fait mention de la décision de saisir la Cour constitutionnelle pour abolir le saut d’index. Il a même fallu pas mal d’efforts pour assurer d’inscrire dans les textes du Congrès que nous continuons à nous opposer au saut d’index. A mon avis, peu de militants ont l’illusion que cela peut être arraché en se basant sur la Cour constitutionnelle. Pendant ce temps, chaque dynamique d’action a disparu et les dirigeants syndicaux ont gaspillé l’occasion qui nous était offerte de faire tomber le gouvernement fin 2014.

Dans la presse, essentiellement flamande, il est apparu qu’il aurait été question de trouver des alternatives à l’arme de la grève. Cela n’a toutefois pas été abordé durant le Congrès. Au contraire! Le passage du texte qui discute de possibles nouvelles formes d’action comprend un passage explicite, imposé par les militants, qui confirme que nous recourrons encore (évidement) à l’arme de la grève si nécessaire. La direction du syndicat aurait préféré ce passer de cet ajustement, raison pour laquelle cela n’a pas figuré dans le discours final du président.

L’atmosphère présente à ce Congrès résultait très clairement de la lutte menée fin 2014. Elle a fortement contrasté avec la torpeur du dernier Congrès, en 2010. Nous sommes en droit de nous demander si le président Marc Leemans a participé au même Congrès que nous… Fin 2014, il était apparu très combatif en sortant de sa réserve dans la presse, contrairement à aujourd’hui. À la lumière du vote sur l’accord interprofessionnel, où il n’a su dégager une majorité qu’à grands peine (49% seulement en faveur de l’accord en comptant les abstentions), c’est à mon avis un jeu dangereux.

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