Il pleut, il pleut bergère…

En cet automne pluvieux, quelques bonnes nouvelles ne font pas de tort. Ainsi, Le Soir Magazine (1) a publié le hit-parade des 25 familles les plus riches de Belgique. Ils se portent bien ! Pour nous, l’avenir, de radieux, devient bien sombre (les ménages doivent s’attendre à débourser 500 euros de plus l’an prochain pour leurs factures !), et le parapluie de l’index-santé est bien troué face à l’averse de hausse des prix !

Jean Peltier

La valse des milliards…

Premier enseignement du classement de Le Soir Magazine, c’est la bière qui rapporte le plus ! On trouve en effet en n°1 les De Spoelbech (de la brasserie Haacht) et en n°4 les Vandamme (Piedboeuf et Stella Artois), tous désormais bien calés au chaud dans le groupe multinational Inbev, ces deux familles pesant respectivement 3,13 et 1,63 milliards d’euros. Deuxième découverte, l’acier wallon mène à tout… à condition d’en sortir à temps : les Frère (passés depuis au groupe médias RTL-Bertelsmann) sont n°2 avec 2,98 milliards et les Boël (réinvestis dans le holding Sofina) n°4 avec 1,42 milliards. Au milieu on trouve la famille Colruyt, n°3 avec 2,52 milliards d’euros.

Si Le Soir Magazine a un regard ému pour les petits péchés mignons de ces messieurs-dames (les arbres pour Philippe de Spoelbergh, le vin pour Albert Frère), il n’a pas eu le mauvais goût de dresser en parallèle le hit-parade des milliers de licenciements qui ont jalonné le chemin de ces « riches bien de chez nous »…

…les trous dans la tirelire…

On redescend sur terre avec un autre hit-parade. Test-Achats a calculé l’impact de quelques-unes des hausses de prix déjà annoncées pour 2008 sur le budget d’un ménage moyen (2). Ca va faire mal !

En n°1, le gaz : + 247 euros (75 pour la distribution et 172 pour la consommation). En n°2, l’alimentation : + 140 euros (pain, beurre, lait, poulet, légumes en conserve… et bière, ce qui devrait quand même faire plaisir aux familles Spoelbech et Vandamme). En n°3, l’électricité : + 30 euros. Rien que ces trois postes représentent 417 euros. Test-Achat n’a pas pu chiffrer l’impact de l’essence et du mazout de chauffage parce qu’il est impossible de prévoir quand (ou si) les prix vont se stabiliser un jour. Mais on doit s’attendre à devoir sortir de notre poche un minimum de 500 euros en plus l’an prochain.

…et le parachute troué de l’index-santé

Comme on ne peut pas vraiment espérer que les familles Frère, Boël et Colruyt vont y aller de leur poche pour nous aider (elles sont actuellement fort occupées à appuyer les efforts des libéraux pour imposer une nouvelle réforme fiscale en faveur des riches), il reste à se consoler en se disant que l’index absorbera les hausses de prix. Stop, on arrête de rêver. L’index des prix a été tellement bien trafiqué par les gouvernements précédents que l’index-santé (c’est son nom officiel) exclut purement et simplement le tabac, les alcools et les carburants dans son calcul. En plus, la part consacrée dans son calcul aux postes les plus importants – 19% pour les dépenses d’alimentation, 6% pour le loyer, 15,5% pour le logement en général – est largement sous-estimée par rapport a ce qu’ils représentent réellement dans les dépenses des familles populaires.

Résultat, ces manipulations nous coûtent au bas mot 20 euros net par mois par rapport à la hausse réelle du coût de la vie (3). C’est-à-dire la moitié des augmentations prévues l’an prochain…


1. Le Soir Magazine du 3 octobre

2. La Meuse du 16 octobre

3. La Meuse du 25 octobre

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