Non aux lois anti-sociales et racistes ! Oui à la Grève Générale Reconductible maintenant !

De retour de vacances, Sarkozy a décidé de mener ses réformes anti-sociales et racistes à un rythme effréné. Il a pris son temps pour offrir 12 milliards d’euros aux capitalistes. Aujourd’hui ce sont les plus pauvres et les travailleurs qui trinquent. Les premiers qu’il a attaqués sont, comme toujours, les plus faibles : les sans-papiers. Ensuite les malades, avec la franchise médicale. Aujourd’hui il veut mettre à son tableau de chasse les fonctionnaires, les cheminots et le service public.

Jalil, MAS-Bxl

Sarkozy montre sa détermination à instaurer ses lois réactionnaires : il veut mettre à genoux les secteurs les plus syndiqués et les plus combatifs afin de faire taire à jamais les luttes sociales, tactique déjà utilisée par Tchacher dans la lutte des mineurs. Son plan est simple : d’abord en terminer avec les acquis du public, pour ensuite voir à la baisse les acquis du privé et de tous les travailleurs.

La résistance s’organise

Face à cela, la résistance s’organise à travers de nombreux meetings, manifestations, actions….L’une des dates importantes fut la grève de ce jeudi 18 octobre pour défendre les « régimes spéciaux » appelés par tous les syndicats. Il est clair que face à ces attaques sans précédent depuis 30 ans, une grève de 24h dans un secteur ne suffira pas. Seuls trois syndicats (FO-cheminot, SUD-rail, FGAAC) ont appelé à mener une grève reconductible, par tranches de 24h. D’autres secteurs comme l’enseignement, le gaz, l’électricité, les étudiants, la poste ont appelé ici ou la à faire grève ou à manifester.

La mobilisation fut une réussite totale : à la SNCF, on comptait 75 % de grévistes. A la RATP, on tournait autour des 56 % ; pour les trains corail ou certaines lignes RER/Ile-de-France, rien ne circulait. Pour les autres secteurs, là où les syndicats avaient appelé à des actions, le niveau de grévistes augmentait. Dans l’enseignement, on comptait de 10 % à 30 % de grévistes. A la poste on était en-dessous de la barre des 10 %, mais à EDF et GDF, on dépassait les 50 % de grévistes. De nombreux secteurs locaux ont aussi fait grève comme les intermittents, les journalistes, les cantines ….

Il y a aussi eu de nombreuses manifestations partout en France : 300.000 selon les organisateurs. L’on y voyait les étudiants, les lycéens, les travailleurs du privé et du public, les sans-papiers, tous ensemble contre les politiques néo-libérales de Sarkozy. Cette journée aurait pu être une plus grande réussite encore si seulement les bureaucraties syndicales des fonctionnaires avaient mobilisé, au lieu de renvoyer leur actions à la mi-novembre…

Les directions syndicales dépassées par leur base

Dans de nombreuses assemblées générales, les cheminots ont voté à 95 % pour reconduire la grève. Cependant, au même moment, le représentant CGT, Thibault, appelait à la reprise du travail ! Le syndicat corporatiste FGAAC (représentant juste 3 % des travailleurs de la SNCF mais plus de 30 % des conducteurs) a négocié en solo le 18 octobre. Après avoir soi-disant eu certaines « avancées » (celle de travailler 5 ans de plus à la place de 10 ans, par exemple…), il appelait lui aussi à la reprise du travail.

Il y a eu plusieurs assemblées générales interprofessionnelles comme en île-de-France ou à Lille, qui réunissaient la base CGT, FSU, SUD, FSE, FO, ….et un constat commun était fait : la seule manière de répondre à Sarkozy est la lutte, et non la négociation. Pendant la lutte des retraites en 2003, la bureaucratie syndicale a mené les travailleurs de journées d’action en journées d’action, pour en fin de compte perdre la lutte et un acquis arraché par nos anciens. C’est pour cela qu’il faut soutenir l’appel des assemblées interprofessionnelles à lancer dans le plus bref délai une grève générale reconductible.

Les appels des différentes AG à la poursuite de la grève étaient en général très bien reçus. Vendredi et samedi, la France a vu le mouvement continuer de ci de là : il y avait encore un peu plus de la moitié du réseau ferroviaire bloqué. Il n’y avait qu’un métro sur trois qui roulait, et sur la ligne RER A et B, toujours aucun train. La CGT, qui appelait toujours discrètement à la reprise, se voyait à de nombreux endroits dépasser par sa base.

Face à la détermination du gouvernement, les travailleurs sont remontés ; la CGT ne pourra pas longtemps étouffer sa base. La CFDT accepte une large partie du plan gouvernemental, mais elle se fait discrète, ne donnant aucune interview et ne mobilisant absolument pas. A la manifestation de Paris, il fallait faire un effort particulier pour trouver les drapeaux CFDT. On se souvient qu’en 1995, la CFDT soutenait déjà le projet de réforme de la sécurité sociale et du régime des retraites du Premier Ministre Alain Juppé. Après la longue lutte et la victoire de 1995, ce fut un coup dur pour la CFDT, qui vit une partie de ses membres la quitter. Quelques mois plus tard, Edmond Maire, présidente de la CFDT, fut mise à la porte.

Ce lundi, les bureaucrates syndicaux de la SNCF se sont rassemblés pour décider de la suite du mouvement. Alors que la grève était une vraie réussite, que le mouvement avait réussi à provoquer des perturbations tout le week-end et même lundi, ceux-ci ont fait le choix de reprendre les négociations et de se revoir le 31 octobre. D’après les informations qui ont pu filtrer, si aucune avancée n’est faite d’ici là, ils appelleront à une grève le 20 novembre (en même temps que la fonction publique) et cette fois-ci, elle serait reconductible.

Alors que la base veut lutter maintenant, il est clair qu’une mobilisation le 20 novembre est beaucoup trop tardive. La grève générale pointerait-elle son nez pour la mi-novembre ? La CGT, qui représente 40 % des travailleurs SNCF, joue gros sur ce dossier. La bureaucratie ne veut pas rentrer dans une grève longue tout en sachant que la base est prête à réitérer 1995. Sud rail (14.9 %) et FO cheminot (6.6 %) sont quant à eux toujours en grève depuis jeudi, mais combien de jours pourront-ils encore tenir ? Les jours et les semaines à venir seront cruciaux pour les français, car si Sarkozy fait passer ses réformes contre les cheminots et la fonction publique, il aura réussi à casser l’une des branches les plus combatives…

De plus, les étudiants tiennent depuis une semaine des assemblées générales et une journée d’action est prévu le 24 octobre contre la lois Pecrésse. Fin de semaine on pouvait déjà voir Tolbiac Sorbonne, Renne, Nanterre… bloqués et entrer en lutte. Et c’est sans compter de nouvelles mobilisations chez les internes, ainsi que des grèves annoncées à Air France du 25 au 29 octobre. Des mobilisations de sans-papiers et de plus en plus d’occupations de bâtiments par les sans domicile fixe se déroulent également à Paris.

Un nouveau parti pour les travailleurs est plus que jamais indispensable !

De plus en plus d’amertume et de colère s’additionnent pour lancer la grève générale reconductible. Mais face à cette résistance sociale, une résistance politique est également nécessaire. En effet, toutes ces luttes ont vitalement besoin d’un prolongement politique, sous la forme d’un nouveau parti pour les travailleurs ; notre section soeur en France, Gauche Révolutionnaire, avance une telle proposition. La Ligue Communiste Révolutionnaire a lancé l’idée il y a quelque mois de créer un « grand parti anti capitaliste ». Nos camarades français participent à ces discussions. Dans quelques semaines, on devrait en savoir plus sur les réelles intentions de la LCR. En attendant, construisons ensemble la lutte et la grève générale, et stimulons la création de ce nouveau parti !

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