La FEB de nouveau à l’attaque: Retraités et fonctionnaires dans le colimateur!

Pour la première fois depuis vingt ans, les partis sociaux-démocrates (SP.a et PS) pourraient ne plus participer au prochain gouvernement. Malgré les loyaux services que la social-démocratie a rendu au patronat ces deux dernières décennies, les organisations patronales comme la Fédération des Entreprises Belges (FEB) espèrent que leurs revendications pourraient être encore mieux rencontrées par un gouvernement de “centre”-droite.

Karel Mortier

Ceux qui ont imaginé que les organisations patronales allaient stopper leur offensive sur les retraites après le Pacte des générations en sont pour leurs frais. Cette fois-ci, les fonctionnaires sont aussi menacés.

Les fonctionnaires représentent la plus importante cible des organisations patronales. Celles-ci affirment que notre pays gaspille son argent en entretenant trop de fonctionnaires. Ainsi, une suppression de 25.000 fonctionnaires équivaudrait à une économie de 10 milliards d’euros, argent qui pourrait servir à une nouvelle diminution des charges patronales. Toujours selon les organisations patronales, les fonctionnaires continuent à coûter de trop même quand ils sont retraités, ce qui serait injuste par rapport aux personnes travaillant dans le secteur privé, où les retraites sont plus basses. Bien entendu, il est pour eux hors de question de rehausser les pensions du privé; alors, autant niveller par le bas à l’exemple des mesures annoncées par Sarkozy en France.

Voici un exemple édifiant de la politique de diviser-pour-mieux-régner afin de pouvoir réduire les acquis des travailleurs dans notre pays en montant un secteur contre l’autre, qui plus est sous couvert de lutte contre « l’injustice » !

Les retraites ne seraient d’ailleurs pas seules à être trop élevées chez les fonctionnaires. Pour le même travail, mais pour un salaire moindre, une bonne partie des emplois peuvent être remplacés par des travailleurs du privé. La cerise sur le gâteau est la possibilité pour les patrons de pouvoir de cette manière encore amplifier leurs bénéfices en « offrant » au gouvernement des services précédemment rendus par les fonctionnaires.

Pourquoi s’arrêter en si bon chemin ? Les organisations patronales revendiquent un nouveau calcul des retraites afin de diminuer également les retraites du privé ! Selon eux, il ne faudrait dorénavant plus prendre en compte les périodes où les travailleurs ne sont pas actifs pour diverses raisons. Cette réforme s’attaque principalement aux femmes qui sont plus enclines à stopper le boulot un moment pour l’éducation de leurs enfants.

Les attaques sur les fonctionnaires et les retraites ne sont pas un phénomène propre à la Belgique. Partout en Europe, les gouvernements au pouvoir voient les fonctionnaires comme autant de proies pour l’application de leurs plans d’austérité. La discussion sur la réduction du nombre de salariés dans la fonction publique est en première instance pour le patronat une discussion sur les services publics à la population. Les acquis sociaux sont en péril et surtout les statuts des fonctionnaires nommés ainsi que les retraites, choses qui dérangent particulièrement les patrons.

Les propositions de la FEB et autres organisations patronales ne servent aucunement à rendre les retraites payables par l’Etat, mais bien à financer une enième diminution de charges patronales. Les entreprises belges se rangent pourtant parmi les plus rentables en Europe, mais cela n’est visiblement pas encore suffisant.

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