L’extrême-droite est-elle toujours un danger ?

Lors des élections du 10 juin, le VB a obtenu 19% des voix (et pas son objectif de 20%). C’est 5% de moins que lors des dernières élections de 2004, mais 1% de plus que ce qu’ils ont obtenu en 2003. En ce qui concerne le FN, on constate à peu près la même stagnation. Le FN a obtenu 5.6% des voix francophones alors qu’ils n’ont aucune activité. C’est 2.5% de moins qu’en 2004, mais à peu près la même chose qu’en 2003.

Jeroen Demuynck

Ceci signifie-t-il la fin de l’extrême-droite ? Une partie de la gauche antifasciste le pense bel et bien. C’est ce qu’écrit Manuel Abramovic, sur le site antifasciste résistances. be : « Le 10 juin annonce sans doute le début de la fin du rôle qu’il (le VB, NDLR) a joué depuis les élections législatives de 1991. Son échec est certain, et même historique. » Nous ne sommes pas d’accord avec cette analyse selon laquelle le VB, et l’extrêmedroite en général, est « fini ».

C’est certainement un fait que le score de l’extrême-droite stagne (surtout par rapport à leurs propres attentes). Mais cette analyse témoigne d’un manque de compréhension quant à la montée électorale de l’extrême-droite. Nous avons toujours expliqué que la croissance de l’extrême-droite est due au mécontentement envers la politique menée par les partis établis. S’il y a une constante dans la politique de la dernière décennie, c’est son caractère néolibérale, antisocial. Une politique qui a énormément coûté à la plupart des gens, et qui a été prônée par tous les partis traditionnels. Ainsi, beaucoup de gens sont à la recherche d’une alternative. Et cela a encore été démontré par les grandes pertes au niveau des résultats de presque tous les partis.

C’est dans une telle situation que l’extrême-droite a pu jouer un rôle en se profilant comme étant « le parti des petites gens », « la seule alternative ». Et cette situation ne va pas changer… Car on peut clairement voir que le prochain gouvernement sera rassemblé autour de la poursuite d’un agenda néolibérale. Les revendications patronales n’ont toujours pas diminué : attaque sur le droit de grève, augmentation de la TVA, nouvelle réforme des pensions… L’extrêmedroite va donc de nouveau enregistrer des gains en jouant avec le mécontentement présent dans la vie de tous les jours. La seule manière de réellement bloquer l’extrême-droite est de travailler à la construction d’une large organisation des travailleurs et des jeunes, qui offrira une vraie alternative au néolibéralisme.

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