Elections 2007: Austérité et Solidarité sont sur un bateau…

“Noir, c’est noir", chantait Didier Reynders lors du 1er Mai du MR. On comprend qu’il aime chanter cette couleur, c’est celle qu’il réserve à notre avenir. Et il n’est pas le seul…

Par Nicolas Croes, 3e suppléant sur la liste du Sénat

MR : Austérité contre Solidarité

La droite officielle est pour une nouvelle réduction de l’impôt des entreprises : de 33% actuellement, il devrait baisser à 20% ! D’une manière générale, l’idée du MR est de diminuer encore les taxes pour les patrons et de reporter les coûts en augmentant la TVA, que tout le monde paie de la même manière, riche ou pauvre. Autre point de programme intéressant : limiter les allocations de chômage dans le temps ! Car, pour le MR, quand il y a une offre d’emploi pour 130 demandes à La Louvière, le problème, ce sont les 129 chômeurs restants !

PS : Austérité contre solidarité

Quand Anne-Marie Lizin, qui mène la liste PS pour le Sénat, surfe sur la vague Ségolène Royal, c’est pour dire qu’elle a particulièrement apprécié la campagne de la candidate française car elle était moins idéologique que celle de Jospin en 2002… alors que celui-ci avait déjà lui même claironné que son programme n’avait rien de socialiste ! Pourtant, selon Armand De Decker, tête de liste MR au Sénat, le PS " se fait de plus en plus doctrinaire ". En reprenant la doctrine de la droite peut-être ?

Au menu du PS pour l’emploi : accompagnement individualisé des chômeurs, droit au transport gratuit pour chercher un emploi,… Forcer les chômeurs, là aussi, à traquer un emploi qui n’existe pas – ou si peu. Autres paroles vides de sens, le refus que La Poste soit libéralisée d’ici 2008. Cela a pourtant déjà bien été entamé depuis des années et le PS a laissé faire.

Malgré tout, le PS a reçu le soutien d’Anne Demelenne, Secrétaire Générale de la FGTB, qui a affirmé que " quand la gauche du pouvoir et du contre-pouvoir (PS et FGTB) est divisée , le libéralisme sauvage triomphe ". Le Pacte des Générations, c’était effectivement du libéralisme sauvage, mais le PS était au gouvernement et tous ses parlementaires l’ont voté le doigt sur la couture du pantalon…

CDH : Austérité contre solidarité

Pour Milquet, " on ne peut pas avoir un projet de société quand on défend une classe sociale au détriment de l’autre ". Dans un système basé sur l’exploitation d’une classe par l’autre, on pourrait se demander comment Joëlle compte arriver à ménager intelligemment la chèvre et le chou… Eh bien, par exemple, en supprimant les cotisations sociales sur les salaires minimum, ce qui, selon elle, permettrait de les augmenter. Mais une telle mesure servira surtout à encourager les patrons à diminuer les salaires pour qu’ils deviennent moins taxés. Pour lutter contre la pauvreté, peut-être est-ce l’inverse qu’il faudrait faire…

ECOLO : Austérité contre solidarité

Depuis 1992, ECOLO a accepté de " décroiser la question des services de la question de la propriété des opérateurs ". Plus besoin donc que les services destinés à la collectivité soient gérés par celle-ci. En ayant ainsi accepté la privatisation, Ecolo est bien hypocrite de s’indigner aujourd’hui parce que la libéralisation de l’énergie fait flamber les prix pour le consommateur.

ECOLO dirige ses critiques contre “l’Etat social actif” cher à la coalition libérale-socialiste (“un système qui culpabilise sans tenter de rendre capable”) mais quand les Verts parlent d’augmenter les bas salaires, c’est, par exemple, en permettant au travailleur de garder pendant trois ans les avantages (sic) auxquels il avait droit en tant que chômeur. Encore une fois, ce ne sera pas au patron de relever les salaires !

ECOLO déclare se méfier du MR “qui privilégie le capitalisme ultra-libéral”. De la part d’un parti dont deux des trois membres de la direction collégiale partagent le pouvoir dans leur commune avec le MR, c’est assez comique…

CAP : Solidarité contre austérité!

Finalement, les partis établis sont bien tous d’accord. Pour eux, les patrons semblent être une espèce en voie de disparition qu’il faut protéger. Aucun de ces partis ne s’oppose clairement aux amalgames “chômeurs-profiteurs”, “grévistes-preneurs d’otages” que certains reprennent même avec entrain. Tout doit être fait pour sauver les riches. C’est pourtant vrai qu’il y en a de moins en moins… pour de plus en plus de pauvres.

Pour la solidarité avant l’austérité, tournez-vous vers le CAP !

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