Optez pour une autre politique

Révolte à La Poste, licenciements à Opel, 3,3 euros de l’heure chez Quick,…

Au moment d’écrire cet article, le courrier n’était plus distribué depuis une semaine dans le centre de Gand. Les facteurs gantois font grève contre l’introduction de la prochaine phase de Georoute qui réduit encore plus le rôle social du facteur.

Bart Vandersteene, tête de liste à la Chambre en Flandre orientale

La hausse de la flexibilité à La Poste fait en sorte que chaque seconde doit rapporter de l’argent. Le rendement social n’a pas d’effet sur les chiffres du profit et est par conséquent superflu. Nous l’avions déjà vu avec la décision de fermer 275 bureaux de poste.

Le soutien aux facteurs est frappant. Lorsque la TV locale sollicitait la réaction de quelques Gantois, ils montraient du respect pour les facteurs et les factrices. La hausse de la flexibilité a en effet des limites et beaucoup ne réalisent que trop bien de quoi il s’agit. Partout, on relève systématiquement la pression du travail, on presse le citron jusqu’à la dernière goutte pour que les managers et les actionnaires puissent voir grimper la courbe des résultats.

Les dernières semaines ont vu le climat social se tendre nettement. Après la vague d’actions spontanées qui ont agité, entre autres, la SNCB et Biac, il y a eu des préavis de grève dans le secteur non-marchand, le secteur du papier, à La Poste, des actions à Opel,… Il y a eu un moment où 3 des 4 usines d’assemblage automobile qui subsistent dans ce pays étaient paralysées par des actions de grève.

Les partis traditionnels font tout pour éviter une escalade des actions. Le PS essaie de nous faire croire que tout va bien. « Engagements tenus », peut-on lire sur ses tracts. La FEB a sans doute des raisons d’être satisfaite. En revanche, la majorité de la population n’a rien d’autre à attendre du gouvernement que de la régression sociale.

Un scandale a récemment éclaboussé la chaîne de restauration rapide Quick où des nettoyeuses devaient travailler pour 3,3 euros de l’heure après avoir travaillé gratuitement pendant les deux premières semaines. Ce genre de « McJob » n’a plus rien d’exceptionnel. Les mauvais salaires ou le caractère temporaire et flexible de leurs jobs sont pour beaucoup les seules certitudes en matière d’emploi.

On n’exploite pas que des nettoyeuses en situation illégale. De plus en plus d’emplois fixes disparaissent pour laisser la place à des emplois flexibles et à durée déterminée. De plus, la collectivité subsidie à grande échelle la hausse des intérims et des titres-services.

Nous n’avons pas le choix. Si nous voulons contrer la logique de régression pour les actifs, les jeunes et les pensionnés, nous allons devoir résister. On a besoin d’une résistance face à une société où les riches reçoivent des cadeaux parce que les simples gens travaillent plus dur et plus longtemps. Cette résistance a besoin d’une expression politique et la création du Comité pour une Autre Politique (CAP) est un développement essentiel pour la lui donner.

Le CAP peut devenir, d’ici quelques années, le porte-voix de tous ceux qui ne sont pas d’accord avec la logique néolibérale. Les élections du 10 juin ne sont qu’une première étape. Le véritable test viendra ensuite : la transformation du CAP en un vrai parti ouvrier dont le fonctionnement soit résolument orienté sur l’action et la participation aux luttes des travailleurs.

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