Une « autre campagne » …

Les partis traditionnels peuvent compter sur des sommes confortables provenant de nos impôts pour porter leurs campagnes (56 millions d’euros en 2006). Les dotations parlementaires leurs permettent de consacrer des millions d’euros aux dépliants colorés et aux grandes affiches de leurs leaders. Ces mêmes dirigeants ont l’opportunité d’encombrer toutes sortes de programmes de télévision. Le CAP, lui, veut non seulement une autre politique, mais aussi une autre campagne.

Les militants au coeur de la campagne

Le CAP n’a fait appel à aucune agence publicitaire pour concevoir son programme électoral et son affiche. Ce sont les militants eux-mêmes qui ont discuté et décidé de tous les aspects de la campagne, entre autres lors des conférences nationales du 3 février et du 14 avril. La conférence du 14 avril s’est déroulée dans un enthousiasme énorme. Elle a adopté les thèmes centraux de la campagne et le tract électoral national. Certains candidats se sont aussi présentés et un vote a eu lieu au sujet des listes. La présentation des candidats n’a pas été pour rien dans le caractère particulièrement vif et enthousiaste de la réunion.

Il a été particulièrement rafraîchissant sous le soleil de cette journée d’entendre des travailleurs, des jeunes, des retraités… expliquer eux-mêmes pourquoi une autre politique est nécessaire. Nous ne pouvons pas laisser la politique aux politiciens des partis établis. La politique s’occupe de notre vie, pourquoi devrait-on, nous, ne pas nous en mêler ? C’est uniquement de cette manière que nos revendications trouveront une expression politique.

Un potentiel énorme

Contrairement aux partis traditionnels, le CAP a conquis le droit de pouvoir se présenter aux élections en étant présent sur le terrain pour collecter les deux fois 5.000 signatures nécessaires et non en demandant des signatures de parlementaires. Ce fut un énorme effort, mais un effort motivant car il nous a permis de tester la réponse des gens face à l’initiative et cette réponse a été plus que positive. Jef Sleeckx souligne déjà depuis quelques mois que l’espace pour une alternative existe. Nos moyens limités feront bien entendu que nous ne pourrons pas entièrement exploiter ce potentiel, mais il est déjà important d’identifier celui-ci et de tâcher de saisir les opportunités qui se présentent.

Le soutien large dont bénéficie le CAP a permis de voir l’arrivée de plusieurs personnalités ayant une longue tradition au sein du mouvement ouvrier ou ayant l’expérience d’une implication dans d’autres domaines. Dans la province du Limbourg, l’ancien bourgmestre SP.a de Houthalen-Helchteren, Jules D’Oultremont tirera la liste pour la Chambre. Tiny Mast, la maman de Kim et Ken – deux enfants disparus dans la même période que Julie et Mélissa – qui était très active dans le mouvement Blanc, se trouve sur la liste du Sénat du côté néerlandophone.

Mais les listes du CAP comprennent surtout beaucoup de travailleurs dont la plupart ont une expérience syndicale appréciable : des travailleurs de Volkswagen, de Ford, du secteur non-marchand, des différents secteurs des transports en commun, de l’enseignement, de La Poste,…

Les médias ont choisi leur camp…

Le CAP ne peut pas compter sur beaucoup d’intérêt de la part des médias. En Flandre, une émission populaire consacrée aux élections (« Doe-de-Stemtest », « Faites le test électoral », à la VRT), a refusé que le CAP participe. Les excuses de la VRT ont changé au fur et à mesure qu’elles se heurtaient au bon sens… Et ne parlons même pas du côté francophone! Les critiques du « pauvre » Didier Reynders sur le manque d’objectivité de la RTBF (qui ne manque pourtant pas de lui accorder la parole bien plus qu’il ne le mérite) ressemblent à autant de caprices d’un enfant beaucoup trop gâté face à la situation que rencontrent les « petites » listes.

Nous ne pouvons pas compter sur les médias et les dons des riches pour faire connaître le CAP à grande échelle. Mais comme Jef Sleeckx le faisait remarquer à la conférence du 14 avril, le CAP dispose d’une arme importante : l’enthousiasme de ses partisans.

Et après les élections ?

Le Comité une Autre Politique (CAP) est un développement bienvenu dans la paysage politique belge. Le MAS/LSP soutient pleinement le CAP et sa campagne. L’initiative est encore jeune et instable et son développement ultérieur n’est pas garanti. Cela dépendra de la manière dont le gigantesque potentiel qui est devant nous sera utilisé.

La campagne électorale peut clarifier un certain nombre de choses pour le CAP : la nécessité d’aller vers l’extérieur, d’élaborer les thèmes centraux, d’avoir un engagement actif. Tout cela est nécessaire pour aller plus loin et, notamment, aborder plus en profondeur le programme par la suite. Sur base de cette campagne électorale, le CAP sera renforcé pour qu’après les élections – espérons-le – on puisse bâtir alors une alternative politique et poser les premiers jalons vers un véritable nouveau parti des travailleurs.

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