La chasse aux sans-papiers continue

Un juge brugeois a décidé fin du mois dernier de suspendre temporairement l’expulsion d’une famille kazakhe qui habitait depuis déjà 7 ans à Blankenberge. Ce jugement s’est fait sur base des bons résultats scolaires obtenus par le fils (en première année secondaire) et la fille (en deuxième année ingénieur commercial) le juge estimant qu’une exclusion porterait dommage au parcours scolaire des enfants. Maintenant, la famille peut rester, jusqu’à 3 mois après le verdict du service des affaires étrangères.

Eline

Le Ministre des Affaires étrangères Patrick Dewael n’a pas hésité à réprimander le juge. Selon lui, il s’agit de « l’absurdité juridique »: « Dans ce cas ce magistrat est non-compétent. Le Conseil d’État, qui est compétent, a déclaré l’ordre d’expulsion valide. Le juge brugeois aurait dû se déclaré incompétent pour ce cas et pour ça nous allons en appel. » Il trouve aussi que les conseils communaux devraient activement coopérer à la chasse effective de ces personnes de leurs communes. La commune de Blankenberge a ainsi reçu 15 lettres du ministère au sujet de la famille kazakhe ces dernières années.

Selon Dewael, une régularisation générale n’a aucun soutien au sein du Parlement, et une régularisation individuelle ne serait pas non plus une option étant donné que cela pourrait donner l’impression d’une récompense à l’illégalité.

Que cette régularisation puisse être prise comme une récompense nous semble assez improbable au regard de la vie quotidienne qu’implique le fait d’être sans-papiers. L’échine courbée, dans leur propre pays, sous les excès étouffant du système capitaliste, ces personnes ont eu le courage d’abandonner leur vie derrière eux pour se diriger vers un avenir incertain avec pour unique résultat de se retrouver, dans un pays étranger, entièrement isolés du monde extérieur. Depuis leur arrivée, leur détresse ne trouve que des réponses froides illustrées par le traitement sans pitié qu’ils subissent comme s’ils étaient des criminels responsables de leur propre situation. Si ils se retrouvent dans la majorité expulsée, il ne leur reste que peu de choix, étant donné que retourner au pays d’origine n’est souvent pas (ou plus) une option. Si on choisit de rester dans notre pays on tombe alors dans cette fameuse « illégalité » et on est définitivement taxé de criminel, cette manière de penser est d’ailleurs renforcée par l’utilisation du terme « illégal ». Une fois arrivé à cette situation, ils sont abusés par des entreprises qui saisissent avec plaisir cette opportunité de faire pression sur les salaires autochtones. Ces gens ont alors déjà tellement subit qu’ils ne vont pas poser beaucoup de conditions sur leurs salaires et conditions de travail. Dans le domaine du logement, ce sont les marchands de sommeil qui tentent de tirer le plus de profit de cette situation.

D’un autre côté, le gouvernement proclame la nécessité d’avoir une immigration économique contrôlée pour attirer uniquement les étrangers « utiles » vers notre pays . Tout ceci implique encore naturellement une pression accrue sur nos conditions de salaire et de travail, étant donné l’ampleur énorme de cette immigration choisie de travailleurs sur le marché du travail belge, une plus grande baisse des salaires belges et des droits sociaux (en comparaison à l’impact réduit des réfugiés « non désirés ») surviendra en conséquence. Cela d’abord dans certains secteurs ciblés mais, par leur intermédiaire, ensuite également dans d’autres secteurs.

Tout ceci démontre encore clairement que ce système se comporte de façon injustifiable et inhumaine avec des innocents au profit d’un très petit groupe de gens qui continue à revendiquer pour elle-même la plus grande partie des richesses de cette planète. La politique de diviser-pour-mieux-régner n’a pas encore atteint sa date de péremption. Aussi longtemps que nous continuerons à tolérer la propangande quotidienne, donnée à la petite cuillère par les médias traditionnels, la situation perdurera. Tout ce qui nous divise nous affaiblit !

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