Oxfam : un modèle à démonter

Suite à la parution du derniers numéro de l’autre quotidien (périodique édité par Oxfam), quelques réflexions me viennent.

Alain

Tout d’abord, par rapport au compte rendu de la campagne « IKEA, un modèle à démonter » : mettre à jour les pratiques anti-sociales et anti-environnementales des entreprises multinationales est très bien. Soit, les pratiques d’IKEA sont condamnables mais sont avant tout révélatrices du système capitaliste qui a pour but la maximalisation du profit. Face aux critiques d’Oxfam, la multinationale ne peut que modifier sa pratique communicationnelle et son marketing (code de bonne conduite,…) pour faire face aux attentes des consommateurs avides de justice sociale. Modifier fondamentalement ses pratiques dans un contexte de compétition mondiale est suicidaire pour une entreprise capitaliste. La critique à adresser à IKEA est donc d’ordre plus général. Comment peut on cautionner une superstructure qui permette de produire au mépris de la condition sociale et environnementale ?

Tant qu’on en est à parler de pratique, je voudrais ici envisager quelques aspects de la pratique d’Oxfam. Dans une campagne visant à la promotion de ces produits fair-trade, Oxfam a mit en œuvre une politique publicitaire assez étonnante au vu des valeurs de cette organisation.

Outre la critique générale qu’on peut adresser à la publicité (lire à cet effet l’excellent livre de Marie Bénilde, « On achète bien les cerveaux »). Il y a des éléments visuels aberrants ; je pensais qu’Oxfam était une organisation de type alter mondialiste apolitique. Quelle ne fut pas ma surprise de voir Baby-Tatcher (Guy Verhofstadt), qui n’est pas un chantre de l’anti-mondialisation… On peut aussi noter au passage des affiches assez dégradantes pour l’image de la femme (Oxfam-fatale »)…

On a beau se justifier par après comme on veut, les méthodes d’actions révèlent la philosophie qui sous tend toute organisation.

Les justifications du CA dans l’Autre Quotidien du 17 avril 2007, sont des exemples de cynismes et d’abandon total d’une quelconque ligne de conduite. On utilise les mêmes armes que ceux que l’on prétend combattre, puis on se dit différents… Il y a un commentaire qui me reste en travers de la gorge : « le surréalisme à la Belge. » (L’Autre quotidien du 17 avril 2007). C’est une insulte à l’histoire. Je rappelle que André Breton disait « le surréalisme c’est la révolution… ».

Dernière réflexion, à l’approche des élections Oxfam a invité des politiciens afin que les citoyens puissent se forger une opinion. Les questions portaient sur des thèmes dont s’occupe prioritairement l’organisation de solidarité. A nouveau ici, question de pratique, étaient invités les partis « traditionnels » que sont PS, CDH, ECOLO, MR. L’argument utilisé généralement pour n’inviter que ceux là est leur vertu prétendument démocratique…il n’y a donc en Belgique francophone que 4 partis démocratiques… quel manque d’ouverture d’esprit, il y a d’autre partis réellement décidés à faire bouger les choses qui proposent une alternative démocratique au système néo-libéral. Et bien malin au CA d’Oxfam qui pourra m’expliquer pourquoi ce genre de parti n’a pas été invité.


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