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Critique de Film : “Pride”

The real thing: LGSM members march in support of the miners

prideQuand la solidarité balaye les préjugés.

Un nouveau film Pride, qui sortira en salle chez nous le 5 novembre prochain, porte à l’écran la naissance à Londres d’un groupe d’activistes homosexuels, le Lesbian and Gays Support the Miners (LGSM), et montre leur activité pendant la grève des mineurs qui a ébranlé la Grande-Bretagne en 1984-85.

Michael Johnson

La section londonienne du LGSM a réalisé un énorme effort de récolte de fonds pour soutenir la grève des mineurs. Les activistes gays et lesbiennes ont récolté presque 20.000 livres sterling pour les familles des mineurs gallois en plus de rendre plusieurs visites auprès des communautés qu’ils supportaient. D’autres groupes similaires au LGSM émergèrent à travers le pays.

Difficultés

Le film explore dès le début comment les luttes du LGSM se sont engagées dans la grève, en y amenant les problèmes de la communauté LGBT elle-même. Les personnages discutent de l’homophobie qu’ils ont vécue dans la classe ouvrière. Mais aussi le Syndicat National des Mineurs (le NUM, National Union of Mineworkers) était inquiet de ce que pouvait signifier le fait d’avoir des gens ouvertement LGBT à leurs côtés vu les injures et le mépris que la police, la presse et les briseurs de grève leur témoignaient.

LGSM south wales miners strike 1Cependant ces difficultés commencent à s’estomper quand les groupes réalisent que leurs luttes sont similaires. Pride se concentre à juste titre sur le rôle de la police et des médias dans la grève et sur les luttes de la communauté LGBT par l’insertion d’images d’archives qui montrent comment la police attaquait les mineurs sur les piquets de grève.

Il y a une attention très grande sur la répression policière contre les deux communautés. James Anderton, le responsable en chef de la police de Manchester à l’époque, décrivait les personnes atteintes du SIDA comme vivant dans « un cloaque humain de leur propre fabrication » et qualifiait le syndicalisme de « mafia industrielle ».

Le gros titre du Sun « Les pervers supportent les fosses » est un moment clé qui comme dans la réalité a mené à la plus grande récolte de fonds réalisée par le LGSM.

Le désespoir

Tout en étant un film comique, Pride ne cache pas les difficultés partagées par les deux communautés durant les années quatre-vingt. L’homophobie et la crise du SIDA en pleine croissance apparait à travers le film. Mark Ashton, un des leaders du LGSM, socialiste et membre du Parti Communiste de Grande-Bretagne, est mort quelques années après la grève des suites du HIV. La communauté des mineurs est devenue plus désespérée quand les mineurs n’ont plus été capables de payer le chauffage.

Le film met l’accent sur l’importance de la solidarité. Mark Ashton du LGSM disait à propos du travail du groupe : « Une communauté devrait être solidaire d’une autre. C’est vraiment pas logique de dire : ‘Je suis gay et impliqué dans la défense de la communauté gay mais je me fiche des autres choses.’ »

Le film montre aussi le grand impact que les communautés de la classe ouvrière peuvent avoir quand elles s’unissent. Bien que la grève des mineurs ait échoué, nous avons vu des mineurs participant en masse au défilé de la Pride en 1985 pour soutenir les communautés qui les avaient supportés. Le NUM (le Syndicat national des mineurs) a joué un rôle vital dans les années 80 en forçant le Labour Party à s’engager à soutenir la lutte pour les droits des LGBT.

En travaillant ensemble, la communauté LGBT et les syndicats ont fait des grands pas en avant pour l’égalité. Comme le représentant du NUM dit quand il remercie le LGSM pour leur récolte de fonds : « quand tu combats un ennemi si énorme, découvrir que tu as un ami que tu ne savais même pas que tu avais ; c’est le meilleur sentiment dans le monde. »