Ouvrir le parlement au monde du travail ? Et pourquoi pas aussi à ses revendications ?

Les partis traditionnels ne savent plus quoi faire pour combler le fossé entre le monde politique et la population. La dernière intitiative en date vient du SP.a. Lors de son dernier congrès idéologique, le président Vande Lanotte a proposé de ramener au Parlement des représentants du monde du travail.

Bart Van der Biest, délégué SETCa dans le secteur non marchand

Le dernier député à avoir connu l’usine était Gaston Onkelinx, père de Laurette. La ministre de la Justice ne rate pas une occasion de rappeler cette hérédité pour souligner ses racines ouvrières. Cela n’empêche pas qu’elle doive son ascension politique à son intransigeance face à la grande grève des enseignants de 1996 contre les milliers de licenciements décidés par celle qui était alors Ministre de l’Enseignement …

Le président du PS, Elio di Rupo, est le fils d’un mineur italien. Il est pourtant l’initiateur de la privatisation de Belgacom et de La Poste à l’époque où il était ministre des entreprises publiques. Il est aujourd’hui le maître d’oeuvre du très néolibéral Plan Marshall pour la Wallonie.

Après 18 années de PS et SP.a au gouvernement, le taux de pauvreté a atteint 15% de la population tandis que les grandes entreprises font des bénéfices record.

Bon nombre de travailleurs n’ont jamais vu autre chose en eux que les partis de l’austérité. Beaucoup de militants FGTB en ont marre que la direction de la FGTB et le PS leur bassinent les oreilles sur le thème du « moindre mal ». Avec le PS au pouvoir, le mal n’est pas si moindre qu’avec un gouvernement « encore plus à droite ». Dans les dossiers essentiels, la base de la FGTB et le PS n’étaient pas du même côté de la barricade : la Constitution européenne (un mode d’emploi de la politique néolibérale), l’AIP 2005-2006, le Pacte de Solidarité entre les générations, Volkswagen, …

Ce n’est pas un hasard si tant de militants syndicaux sont aujourd’hui en quête de quelque chose de neuf et de différent. Le lancement du Comité pour une Autre Politique a donné une expression politique à cette quête. La seule existence du CAP est déjà un motif d’inquiétude pour la social-démocratie et les Verts. Les partis soi-disant de gauche essaient de nous convaincre avec de vagues promesses. Les travailleurs n’ont pas besoin de promesses en l’air, mais bien d’une formation politique qui défende leurs intérêts d’une façon conséquente.

Le MAS/LSP veut construire avec d’autres dans le CAP un rapport de force en soutenant activement des actions et des luttes dans les entreprises, les quartiers, les écoles,… C’est cela qui fera du CAP un pôle d’attraction : son potentiel d’évoluer en parti des travailleurs avec une implication active de couches plus larges. Ce sera sans doute une oeuvre de longue haleine, mais qui reposera sur des bases plus solides que les promesses en l’air des partis traditionnels.

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