Le Pen : Candidat de la vie et du peuple ?

Aussi étrange que cela puisse paraître, c’est ainsi que s’est présenté le candidat du Front National à sa deuxième convention présidentielle à Lilles : candidat de la vie face au désastre écologique, candidat du peuple face à « l’appauvrissement général » et au « capitalisme prédateur ». Assiste-t-on à l’arrivée d’un Jean-Marie Le Pen nouveau ?

Nicolas Croes

Dans la « gigantesque société anonyme planétaire », « le pouvoir appartient à quelques milliers d’analystes, de traders et gestionnaires » qui « n’ont qu’une seule patrie: l’argent ». Le Pen dénonce aussi « des grands requins de la finance » toujours « à la recherche de sociétés à dévorer ».

Pourquoi un tel revirement ? C’est qu’en France aussi, le fossé entre riches et pauvres devient gouffre, ou abîme. A titre d’exemple, ces trente dernières années, le taux de pauvreté parmi la population active a augmenté de 38%. Habilement, Le Pen utilise cette situation pour se présenter en seule alternative puisque les gros candidats ont tous participé à un moment ou à un autre à un gouvernement qui a appliqué un politique d’austérité satisfaisant le patronat. « Tous responsables, tous coupables ! » dit-il encore. Faute d’alternative crédible à gauche, il peut pointer cette réalité avant de détourner l’indignation et l’aspiration au changement vers ses idées nauséabondes.

Derrière les mots, une politique encore pire …

En guise de solution, le « capitalisme éclairé » de Le Pen est constitué d’augmentation du temps de travail, de diminution de l’impôt sur le revenu et les successions (impôts qui dérangent surtout les (très) riches), à côté de mesures contre les immigrés, « cause essentielle de l’appauvrissement généralisé » (tiens, ce n’est plus les « requins de la finance » ?). Le même jour, sa fille a présenté le programme économique du FN, fait de 70 milliards d’euros « d’économies sur le train de vie de l’Etat » et de 36 milliards d’euros de baisses d’impôts. Mesures qui en réalité seront des économies sur les dépenses sociales et des baisses d’impôts pour les riches et les entreprises…

Partager : Imprimer :