La lutte des réfugiés iraniens

Le 19 septembre, une bonne quinzaine d’Iraniens sont venus occuper l’Université Libre de Bruxelles afin d’arracher une régularisation de leur situation. Certains d’entre-eux résidaient au Petit Château depuis près de trois ans et ont reçu un avis d’expulsion. Mais l’absurde de la situation est que l’Iran n’accepte pas les rapatriements forcés. De plus pour la majorité de ces Iraniens, un retour en Iran est synonyme de persécution ou de mort.

Karim Brikci

La répression des opposants au régime est violente (des milliers d’étudiants emprison-nés, torturés, pendus,….) et des châtiments immondes y sont toujours appliqués (lapida-tion,…).

L’attitude de l’ULB

Fabrizio Bucella, vice-président du Conseil d’Administration, a été chargé par l’ULB de "négocier". Après avoir passé deux semaines entre les deux restaurants universitaires, les Iraniens ont pu occuper la salle Honoris Causa après des "négociations" avec Bucella et la délégation étudiante. Une motion de soutien politique a été votée au Conseil d’Administra-tion. Mais il est clair que les au-torités académiques ne mettent aucun moyen sérieux à la dis-monde néo-colonial que l’on peut espérer arriver à une victoire. Il faut que les sans-papiers arrivent à gagner prioritairement le soutien d’une frange plus large de la population et non pas celui d’Ecolo, du PS qui participent ou ont participé à cette politique d’asile. Rejoignez-nous dans cette lutte! position des Iraniens pour qu’ils puissent mener leur lutte à bien. Elles les soutiennent du bout des lèvres alors que leurs conditions matérielles sont inadmissibles. Ils sont entassés à plus de 250 dans cette salle, et depuis peu 20 Iraniens ont entamé une grè-ve de la faim dans un petit local où il n’y a ni électricité ni chauffage. Nous avons toujours défendu que seule l’ULB avait les moyens de leur fournir les besoins nécessaires et non pas les étudiants (local correct, lits de camps, nourriture,…).

Depuis mardi, les autorités académiques de l’ULB ont fourni des lits de camp aux iraniens, une démarche qui, a surpris beaucoup d’entre nous, mais largement insuffisante et tardive. Nous exigeons que les autorités académiques mettent à la disposition des iraniens les infrastructures nécessaires. La salle honoris causa n’est pas là pour accueuillir 250 iraniens, enfants, malades et grévistes de la faim inclus.

Le comité de soutien

Un comité de soutien a été mis sur pied et nous y avons participé dès les premières réunions. Rapidement, on s’est rendu compte qu’il allait fonctionner plus ou moins comme l’Assemblée des Voisins d’Ixelles, c’est-à-dire en se concentrant sur l’humanitaire et en rejetant toute analyse politique. Deux assemblées se sont tenues sur l’avenue Héger et ont été présidées de façon totalement bureaucratique, un camarade s’est même vu refuser la parole. De plus, il n’est pas question pour la direction de ce comité de discuter des revendications du mouvement étudiant et de traiter de la problématique des sans papiers en général. Le refus de la discussion politique n’est pas compatible avec cette lutte car il est clair que ce problème est politique. Nous ne croyons pas que passer 5 semaines pour interpeller les parlementaires comme Di Rupo amènera une quelconque victoire.

Il est clair que l’expérience du Comité des Voisins d’Ixelles n’a pas été prise en compte et que ce comité refait les mêmes erreurs. La possibilité d’étendre ce mouvement est très grande, de nombreux étudiants veulent faire quelque chose. Notre rôle sera de mener la discussion politique et de clarifier le rôle de délégation étudiante et de la direction du comité qui, jusqu’à présent font tout pour freiner les initiatives avancées dans ce comité.

Comment avancer dans la lutte?

Nous pensons que le but d’un comité comme celui à l’ULB doit être de politiser les étudiants à la problématique des sans papiers. La majorité des Af-ghans de l’Eglise Sainte-Croix n’ont toujours pas de papiers ni de permis de travail. La communauté équatorienne est aussi en lutte,… C’est en clarifiant le lien entre les politiques néolibérales de nos gouvernements qui poussent des milliers d’hommes à fuir la misère et la guerre dans le monde néo-colonial que l’on peut espérer arriver à une victoire.

Il faut que les sans-papiers arrivent à gagner prioritairement le soutien d’une frange plus large de la population sans se faire d’illusions sur d’Ecolo ou le PS qui participent ou ont participé à cette politique d’asile. Rejoignez-nous dans cette lutte!

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